Nissan-Lez-Ensérune : Pierre Cros, candidat à l’élection municipale de 2020

Maire de Nissan-Lez-Ensérune depuis 2008, Pierre Cros briguera un troisième mandat en mars 2020. Une décision murement réfléchie, prise en famille, qu’il décide aujourd’hui de rendre publique auprès de l’Agora du Biterrois. La commune, 4 000 habitants, jouit d’une croissance démographique importante.

Comment expliquez-vous que le Rassemblement national ait obtenu près de 40% des voix à Nissan lors de l’élection européenne ?

39 %, c’est important. Il était arrivé en tête avec plus de 50% à la départementale en 2015, c’est donc un score inférieur. Le phénomène n’est pas récent, le RN s’est inscrit dans le paysage comme dans beaucoup de communes du Biterrois sans pour autant qu’il y ait de militants à Nissan. Les électeurs du RN sont là mais on ne les voit pas.

La prochaine échéance est l’élection municipale en 2020. Serez-vous candidat ?

Oui je suis candidat à la municipale de 2020 mais je ne l’ai encore pas dit officiellement. J’ai bien réfléchi, en discutant avec ma famille, en revenant de voir mon fils qui travaille aux Etats-Unis.

Comment jugez-vous votre bilan, marqué notamment par la réalisation du groupe scolaire ?

Il y avait deux écoles que nous avons déplacées pour créer un groupe scolaire unique avec toute une vision autour. Le projet a même commencé dès 2006. Le problème est qu’une commune sans foncier ne peut rien faire. Il fallait une zone d’équipements. Nous avions deux écoles avec leurs problèmes de stationnement, c’était l’enfer. En plus les locaux de la maternelle étaient amiantés. Nous avons trouvé cet endroit spacieux avec une salle d’évolution et tout un tas d’équipement. Nous avons fait une belle opération mais ça a été contesté, on a dit que la zone serait inondée, que la commune serait ruinée, qu’il y aurait des accidents. Il n’y a pas eu le moindre accident, nous ne sommes pas noyés et la commune se porte bien.

Que sont devenus les locaux et le pourtour de l’ancienne école ?

Nous avons pu conserver les équipements de proximité. Nous y avons mis le foyer rural. A côté, il y a un espace médical avec une pharmacie, des médecins, nous luttons contre la désertification. Cela doit être inauguré avant l’été. Nous allons faire venir un dentiste, deux kinésithérapeutes, une infirmière et des loisirs avec le club de pétanque qui est maintenu ainsi que des jeux pour enfants, on est sur le projet. Il y aura soixante-dix à quatre-vingt places de stationnement.

Que reste-t-il à accomplir avant la fin de votre mandat ?

Pour le stade par exemple nous allons refaire la tribune, le club house et les vestiaires, pour un cout de 500 000 euros. Le court de tennis sera rénové, nous allons créer un city stade dans un espace vert d’un hectare et demi en tout. Puis nous allons continuer les études au sujet des deux zones ouvertes à l’habitat qui sont à côté de l’école et côté route de Narbonne. L’objectif est de répondre aux gens qui veulent venir habiter à Nissan, la population augmente de 1,8% par an, c’est un atout. Les lotissements se font, il y a les services, un marché très vivant le samedi. Il faut revenir au centre bourg. En ce sens, je vais faire un plaidoyer devant les services de l’intercommunalité et de la région avec Maraussan et Cazouls dans le but d’obtenir un crédit européen, relayé par la région, pour rendre la commune encore plus attractive.

Que pensez-vous de la possibilité, parfois évoquée, de fusionner la communauté de communes la  Domitienne à laquelle appartient Nissan avec l’agglomération du Grand Béziers ?

Au niveau purement technique et politique, il n’est pas logique de ne pas être dans Béziers, nous sommes tous dans le même bassin. A l’époque, les communes de la future Domitienne voulaient rester entre riches et se protéger contre le maire de Béziers Alain Barreau, mais elles ne l’ont pas dit. La logique de l’aménagement de l’espace aurait voulu qu’on soit ensemble. Si les huit communes, nous sommes tous de gauche, avaient intégré le Grand Béziers, ça aurait rééquilibré car il n’y aurait jamais eu d’accord avec Robert Ménard. Il y a un gros risque au niveau des municipales autour de Béziers, avec l’extrême droite.

Pourquoi les autres maires de la Domitienne sont opposés à la fusion ?

Je n’ai pas dit que j’étais favorable. La logique voudrait qu’on y soit, mais on n’y est pas. On doit se poser la question : politiquement, où on va ? Si demain on a une agglo gérée par un président d’extrême droite, nous, on se posera la question, peut-on l’empêcher ? Après, Emmanuel Macron ne veut pas d’intercommunalité XXL donc l’Etat ne nous l’imposera pas. Nous, nous n’avons pas de politique de transport, c’est une compétence de l’Agglo. Du coup, nous ne sommes pas irrigués par les réseaux urbains de Béziers. Tout le monde va donc travailler en voiture. Vous vous rendez-compte le bilan carbone ? Les jeunes ont une vraie conscience écologique que ma génération n’avait pas à leur âge.


Mauvais élève

Quand il évoque un souvenir de l’élection 2014, Pierre Cros pense à l’ancien maire, qui l’avait recruté et retrace alors son histoire. « J’ai été successivement mauvais élève au lycée Henri-IV, puis j’ai été gendarme, j’ai travaillé à la vigne avec mon père, j’ai été ouvrier à la Cameron, militant syndical et politique, j’ai été licencié après 47 jours de grève. » A la suite, il a repris les études et est devenu agent dans les mairies, secrétaire général de maire puis a fini comme directeur général des services de l’agglo Hérault Méditerranée.  A la fin de sa carrière en 2007, il s’est reconverti avocat depuis février 2015 mais, comme il est à la retraite, refuse de se faire payer.

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