Aux halles, si tu veux pas d’emmerdes, tu soutiens le maire

Thierry Hund, un homme en colère
Thierry Hund est commerçant aux halles. Il ne s’est jamais caché de son opposition à Robert Ménard. Ce qui n’est pas du gout de tout le monde.

Existe-t-il une chasse aux sorcières aux Halles de Béziers ? C’est en tout cas ce que pense le commerçant Thierry Hund. Comme à l’époque du maccarthisme aux Etats-Unis, il se dit empêché d’exercer son travail correctement, surveillé plus que de raison, et s’attire « les foudres de mauvais joueurs ». « Nous sommes dans des halles municipales, on m’avait conseillé d’être discret », s’inquiète-t-il presque. Sauf que le monsieur n’est pas du genre à la boucler. Surtout quand il s’agit de parler de l’administration locale. Dans quelques mois, il se verrait bien envoyer le maire Robert Ménard à la retraite. Thierry Hund ne cache pas son amitié pour Thierry Mathieu, même si sa candidature aux municipales de mars 2020 n’est pas *encore* officiellement déclarée.

Inter : Plus de contrôles d’hygiène que de raison

Pour le commerçant, s’afficher de la sorte n’est pas un problème. « Je le soutiens depuis le début, depuis qu’il a créé le Cercle de réflexion l’hiver dernier. Je participe régulièrement aux réunions et je me montre avec lui publiquement. » Les deux hommes sont ainsi parfois allés au stade ensemble. « Je suis une personne qui a des idées progressistes, on me considère comme cela. De ce fait, je n’avalise pas la méthode de gestion actuelle de la municipalité de Béziers. » Ce qui plait à Thierry Hund, c’est aussi le profil de Thierry Mathieu, un homme « de la société civile, sans étiquette », qu’il juge « très intéressant ». Et de revendiquer fièrement : « C’est la personne qu’il nous faut pour être maire, pour redorer le blason de notre ville. »

Si les ennuis du commerçant se sont accélérés ces derniers temps, ils ont en fait commencé dès l’élection municipale de 2014. À l’époque, il roulait pour Atout Béziers, menée par Agnès Jullian et Pascal Resplandy. Une liste qui a été intégrée à celle d’Elie Aboud. À ce moment-là, Thierry Hund s’est mis en retrait de la campagne. « Depuis, je reçois souvent des courriers, me reprochant que je ne suis pas la ligne. Par exemple, j’avais du matériel dans l’allée, j’ai dû le mettre dans l’étal. J’ai d’abord cru que c’était pour raison de sécurité même s’il s’agit d’un matériel très haut de gamme. Et puis je subis beaucoup de contrôles d’hygiène, bien plus que les autres professionnels de mon secteur, c’est bizarre. »

Son engagement et ces contrariétés ne l’empêcheront pas de poursuivre. Historiquement, la chasse aux sorcières a fini par disparaître. Thierry Hund espère qu’il en sera bientôt de même à Béziers.

Contactée, la direction de la communication de la mairie de Béziers a refusé de répondre à nos questions.


L’Agora elle aussi chassée des halles

Un tour aux halles nous permet de constater que l’Agora du Biterrois n’est pas proposée. Pourtant, à chaque sortie, un nombre important d’exemplaires y sont déposés. Plusieurs commerçants assurent qu’ils sont immédiatement enlevés. La faute à qui ? À la mairie, qui refuse la diffusion de tout autre magazine que sa propre propagande municipale ? Oui, elle le revendique. Mais l’Agora est-il peut-être un peu plus visée que d’autres titres ? Là encore oui. « Entre nous, vous avez des idées », nous a-t-on glissé lors de la fête du rosé, mi-juin. Une chose est sûre, les idées sont claires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *