Aurélie Froment : la rage de vaincre !

Sacrée championne du monde en kickboxing en 2018, Aurélie Froment, a remporté son combat en boxe anglaise contre la Bosnienne Anja Jankovic en juin dernier! Retour sur la brillante carrière de cette jeune femme au mental d’acier !

Comment incarner l’humilité et à la fois briller sur un ring de boxe en envoyant tout ce que l’on a dans les tripes ? C’est la synthèse réussie par Aurélie Froment, 31 ans et native de Servian, réservée, à la voix douce et qui détonne sur les rings.

Pour la jeune femme, la boxe est plus qu’une passion, elle est aussi vitale que de respirer. « Je suis née à Béziers mais j’ai grandi à Servian. J’ai commencé la boxe à 6 ans et demi à la MJC.  Enfant, j’étais très active, mon frère faisait du self défense et vu que je voulais tout faire comme lui, on m’a mise à la boxe, j’ai accroché, j’ai pris des cours et ce fut une révélation. »

Difficile de cacher sa surprise : comment une enfant d’un si jeune âge peut se découvrir une passion pour un sport identifié généralement comme très masculin ? Aurélie sourit et nous répond « La boxe c’était le sport pour moi, j’y dépensais énormément d’énergie et ça m’apportait un cadre, de la discipline. Il y a beaucoup de règles, je bougeais et ça me permettait de me concentrer et de me canaliser. »

Et, c’est un parcours de championne qui se dessine pour la jeune femme : à l’âge de 7 ans et demi, elle est championne de France et restera invaincue pendant 11 ans, soit 15 titres au total. Sportive dans l’âme, elle pratique plusieurs boxes : le full contact, le kick boxing et le K1. Elle fait aussi de la danse pendant dix ans et du rugby en sport étude (pôle espoir).

Mais c’est définitivement le ring qui se rappelle à Aurélie et lui permet d’affronter certaines épreuves de la vie.

« Dans des moments difficiles, la boxe m’a permis de les surmonter. C’est un sport qui exige des sacrifices et qui vous forge le mental ».

Aurélie est une battante : après un accident, elle fait preuve d’un courage et d’une détermination exemplaires dont elle attribue les mérites à la boxe, «un sport très difficile qui oblige au dépassement de soi. C’est mon soutien, ce qui me permet de respirer. »

 De retour entre les cordes, elle est sacrée championne d’Europe et championne du monde dans la même année (2018). Ayant atteint ces objectifs en pieds et poings, « le graal », comme elle dit, elle passe à la boxe anglaise et c’est encore une fois, un succès. Après sont 4ème combat, il y a quelques temps, elle est appelée par la Fédération pour disputer un championnat de France avant la fin de l’année. « Une belle surprise, ils m’ont désigné challenger face à la tenante en titre 7 fois championne de France ! Patrice Guidoni et Mikaël Mathieu, à Maraussan, m’ont tendu la main, c’est aussi grâce à eux, ce sont des entraîneurs exceptionnels et extraordinaires. »

Future médiatrice au CCAS d’Agde

L’abnégation et la force mentale d’Aurélie nous laisse KO. Elle travaille tous les jours au CCAS d’Agde, à l’accueil, 40h par semaine, elle s’entraîne à Maraussan en tant que pro, habite à Bassan. Son sérieux et son esprit lui ont valu d’être appréciée et remarquée par son équipe au travail.  Ils l’ont encouragé à passer le diplôme de médiateur. « Le 14 juin dernier, le jour de mon combat, j’ai eu le diplôme de médiateur, c’était une semaine intense pour être sur tous les fronts. » Aurélie sera donc très prochainement la nouvelle médiatrice, du CCAS d’Agde.

Croire en soi et en ses rêves

Les filles ne sont pas nombreuses dans cette discipline, ce qui ne l’empêche pas d’être très féminine et de couper court à toutes les remarques et idées reçues. « Heureusement, la boxe commence à se populariser de plus en plus. Plus tard, je passerai mon diplôme et j’aimerai ouvrir ma salle. Moi j’étais passionnée, j’ai eu la chance d’être élevée avec des garçons donc je n’ai jamais été mal à l’aise, j’ai toujours été attirée par ce type de sport. J’aimerai créer une section pour les filles et leur permettre de franchir le cap de monter sur un ring ».

Humble et discrète, « je n’oublie pas d’où je viens je sais qu’on peut être vite en haut mais en bas aussi. », elle s’excuse en fin d’interview de ne pas pouvoir parler plus d’elle. Pourtant, c’est une jeune femme sur laquelle il y a tant de choses à dire, au parcours incroyable, d’une richesse intérieure inouïe que nous quittons en songeant à ce proverbe  « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »

Prochain combat pour Aurélie, le 6 juillet face à une Slovaque !

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