Portiragnes : Gwendoline Chaudoir : créer des passerelles entre les com-munes et l’Europe

Elue municipale à Portiragnes depuis 2008, Gwendoline Chaudoir est devenue maire en 2012 à la suite de la démission de Claude Exposito. Actuellement candidate aux élections européennes sur la liste Renaissance, elle est membre d’Agir la droite qui soutient LREM. Elle ne s’est pas encore positionnée pour une nouvelle candidature pour 2020.

Pourquoi être candidate à l’élection européenne de dimanche 26 mai ?

La question européenne est fondamentale. Sur une échéance comme celle-ci, il faut absolument être mobilisé, en raison du risque si les extrémistes siègent au parlement. Ceux qui y ont siégé n’ont pas travaillé pour l’Europe et ceux qui y rentreront saboteront le travail qui a pu être fait. L’Europe a des sujets globaux à traiter sur la mondialisation, la transition écologique, pour la protection sociale et fiscale, pour l’innovation et la recherche. Nous devons être moteurs.

Politiquement, votre but est aussi de contrer le Rassemblement National.

J’appartiens au parti Agir la droite constructive, qui est partenaire de la liste Renaissance (LREM). On ne peut pas partir en ordre clairsemé. Renaissance n’oppose pas l’écologie à l’économie, l’agriculture à l’écologie, c’est un projet concret, ancré dans les territoires. Dans la liste, nous sommes des gens motivés, avons signé une charte d’engagement forte. L’Hérault a la chance d’avoir deux candidates, avec Irène Tolleret (vigneronne, maire de Fontanès). Moi, je ne suis pas en position éligible mais grâce à elle, on pourra avoir un contact avec les parlementaires et créer des passerelles et des liens avec les territoires.

La population de Portiragnes a pratiquement doublé en vingt ans. La hausse démographique va-t-elle se poursuivre ?

Nous avons fait une grande pause, à partir de 2008, nous avons arrêté l’urbanisation pour réfléchir à une urbanisation cohérente en phase avec les besoin et respectueuse de l’environnement. Nous avons créé une Zac avec des équipements publics, il reste un ou deux ans de travaux. L’urbanisme ne peut pas s’imaginer comme il y a dix ou quinze ans quand il n’y avait pas de réflexions sur les déplacements doux, sur le cœur de ville. La halte nautique va aussi être créée au niveau de l’écluse avec la mise en place d’un cheminement doux, la station balnéaire va être requalifiée avec des financements comme le plan littoral 21. Il faut voir loin.

Voir loin, c’est-à-dire que vous serez candidate à l’élection municipale de 2020 ?

Ce sont des échéances démocratiques, mais ce sujet n’est pas celui du jour puisque je dois d’abord finir la mission qui m’a été confiée avec mon équipe. Nous sommes encore dans une phase de travail importante. Il y a l’élection européenne aussi. Mais le maire est l’échelon le plus proche de la population et j’y crois, pour être en phase avec les Français et établir le diagnostic avec les échelles plus élevée comme européenne.

Quel regard portez-vous sur votre élection inattendue au poste de maire, en janvier 2012, à la suite de la démission de Claude Exposito ?

Quand j’ai rejoint Claude Exposito sur sa liste en 2008, je n’avais pas d’intentions politiques, je voulais créer du concret localement. J’ai toujours été très intéressée par la chose publique, l’urbanisme, la vie de la cité, les échanges avec les gens. Quand je suis devenue maire en 2012, je n’ai pas eu de regrets, l’aventure est passionnante. A ce poste, on n’arrive jamais au bout, il faut toujours enclencher d’autres dynamiques, il n’y a jamais de point final. En 2012, c’était une fin de mandat, ce n’était pas mon projet. En 2014, c’est différent, j’en ai construit un avec mon équipe.

Comment expliquez-vous que personne ne se soit déclaré pour 2020 contre vous alors qu’il y avait cinq listes en 2014 ?

C’est vrai qu’en 2012, j’ai été élue sans opposition. En 2014, je ne connaissais pas l’opposition, c’est stimulant.

 Le RN est un des favoris à l’élection européenne et Marine le Pen a fait 55% des voix en 2017 à la présidentielle à Portiragnes. Comment expliquez-vous ce score ?

La liste Front Nationale n’a fait que 6% à la municipale de 2014. Une municipale et une présidentielle ne sont pas le même scrutin. A la municipale, on vote pour un projet local. Je n’avais pas d’étiquette politique. La liste Renaissance est à l’image de mon conseil municipal, c’est une somme de compétences, de personnalités, d’idées, de valeurs, pas forcément les mêmes, avec des gens de droite et des gens de gauche et un projet commun pour lequel on se bat, et on se retrouve toujours pour Portiragnes. En 2014, j’avais déposé une liste sans étiquette. La préfecture m’a qualifiée DVG, car j’étais sur une liste de Claude Expositio qui avait un passé de gauche.

Quels sont les symboles forts du bien vivre à Portiragnes ?

Nous avons l’aéroport, le canal du Midi, qui est un bel atout, avec des berges que VNF a réhabilitées, nous allons requalifier le site de l’écluse avec la région, en vue du festival CanalissimÔ qui lie le patrimoine aux arts vivants. Notre patrimoine bâti en basalte volcanique, comme Vias ou Agde est exceptionnel, notamment l’église, classée aux Monuments Historiques. Notre plage est naturelle. Nous sommes Natura 2000 et avons une biodiversité magnifique avec l’iris d’Espagne, qu’on ne trouve en France que sur les dunes de notre commune. On a des espèces protégées comme le butor étoilé ou le blongios nain, d’extraordinaires petits oiseaux qui vivent dans les roselières. Notre lagunage naturel attire les oiseaux. Ce qui n’est pas évident car Portiragnes passe de 3500 habitants à 30 000 l’été. Nous avons aussi une politique volontariste pour les jeunes avec une école de musique, une de voile, un club omnisport, une médiathèque, un espace jeune, une cuisine en régie en circuit court bio, des activités périscolaires comme le yoga, le théâtre, les classes de mer, pour sensibiliser les enfants aux ressources.

« La cerise sans le noyau »

Gwendoline Chaudoir est arrivée à Portiragnes « par bateau, c’est presque vrai, comme les premiers Portiragnais étaient arrivés à pirogue ». Comme  son mari, elle est passionnée de voile. Après un tour d’Europe sur les mers, son mari, qui travaille dans les activités nautiques, a trouvé un poste au Cap d’Agde, le couple ne voulait pas habiter loin. « Quand on a vu Portiragnes sur la carte, avec la mer, le canal, les dessertes autoroutières, l’aéroport, on s’est dit que c’était la cerise sans le noyau, protégé dans un écrin naturel. Nous sommes venus voir et  quand on a vu ce paysage se dessiner sous nos yeux, on s’est dit que ce lieu était vraiment extraordinaire. »

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