Lignan-sur-Orb : Jean-Claude Renau : grandir lentement

Jean-Claude Renau est maire de Lignan-sur-Orb depuis 2014, un poste qu’il occupe à temps plein, au contact de ses administrés, en plus de sa vice-présidence à l’agglo de Béziers. Sans être officiellement candidat à sa succession, il a déjà des projets pour son deuxième mandant. Sa commune est aujourd’hui très petite, seulement 3,44 km2 mais compte plus de 3000 habitants.

 Quelle est votre position pour l’élection municipale de 2020 ?

Pratiquement tous les voyants sont au vert pour dire que je me représenterai, je confirmerai en septembre. Mon équipe actuelle me suivrait à 90%, certains s’arrêteraient par rapport à la limite d’âge.

En 2014, vous avez été élu face à trois listes. Pensez-vous que cela vous a permis d’être élu ?

C’est sûr que cette élection s’est réalisée car toutes les listes se sont maintenues au second tour. Aujourd’hui, je ne peux pas dire ce que sera l’avenir par rapport à d’autres listes contre la mienne pour 2020.

Que-ce qui fait que vous ayez voulu vous lancer en 2014 ?

Je suis Lignanais depuis 64 ans, j’avais une envie personnelle de m’investir pour la commune. J’ai longtemps été impliqué dans les associations, notamment le club de football ECL, Entente Corneilhan Lignan. J’avais dit que pour être élu municipal et surtout avoir les plus hautes responsabilités, il fallait pouvoir le faire à plein temps. J’ai longtemps été gérant d’auto-école donc je n’en avais pas la possibilité. Puis, ma fille a commencé à travailler avec moi et j’ai eu plus de temps pour assumer la responsabilité de maire. C’est ce qui me guide. Depuis 2014, les administrés peuvent venir me voir sans prendre rendez-vous. C’est comme ça que je conçois ce rôle, être disponible auprès des administrés. Si vous avez un problème ponctuel mais assez urgent, je ne sais pas comment vous réagiriez si on vous disait que le maire est pas là, qu’il faut prendre rendez-vous dans trois semaines. Un élu a des droits mais aussi énormément de devoirs.

L’élection européenne se déroule le 26 mai. Regrettez-vous qu’elle ne semble pas passionner les foules ?

C’est vrai que l’on peut regretter un taux important d’abstention, notamment quand on voit le mouvement lancé depuis le 17 novembre avec les gilets jaunes. Je considère que toute élection à son importance, pouvoir voter a été obtenu de haute lutte, nous sommes un pays de liberté, mais les gens font en fonction de ce qu’ils ont envie de faire.

Justement, qu’elle est votre position par rapport au mouvement des gilets jaunes ?

Je les ai reçus en mairie et les soutiens même si je ne partage pas tout. Il y a des institutions et je les respecte, nous avons voté pour la présidentielle, les législatives. Bien entendu, je condamne fermement les violences, elles ne mèneront à rien.

Votre attachement à l’élection vous fait-elle penser que le référendum d’initiative citoyenne serait une mauvaise chose ?

La démocratie est une valeur à défendre, nous sommes libres de nous exprimer par les manifestations, dans les journaux. Mais je ne suis pas pour le Ric car il peut amener au contraire de ce que l’on pense.

Comment les Lignanais sont-ils consultés pour les projets de la commune ?

Quand j’ai été élu par exemple, nous voulions réviser le plan local d’urbanisme. Nous avons créé une commission communale avec les élus et les administrés. Au final, il y a eu un consensus sur la manière dont doit évoluer la commune d’ici 2030. Notre village est très petit, 344 hectares, dont 144 urbanisés. L’équipe en place précédente prévoyait 22 à 25 ha en plus. Nous avons révisé et remis à plat pour mieux urbaniser. Nous avons consacré seulement 11 ha à l’urbanisme et rendu 22 à l’agriculture. Lignan ne va pas s’étendre partout, on ne peut pas tout bétonner, ne serait-ce que pour recevoir les eaux de pluie.

Lignan est très densément peuplée, près de 950 habitants au km2. Les équipements et infrastructures répondent-ils aux attentes d’une population de plus de 3000 personnes ?

Nous sommes à la limite de ce qui peut être fait en termes d’expansion. Mon prédécesseur Paul Mas (maire de 1970 à 2001) était un visionnaire. Il avait su adapter Lignan pour le futur avec notamment le groupe scolaire, il avait prévu l’agrandissement du village. Nous avons pu ouvrir une classe il y a deux ans et avons encore des salles pour trois ouvertures à venir. Notre station d’épuration va être reliée à celle de Béziers. Il y a cependant une barre fatidique que nous ne voulons pas dépasser : 3500 habitants car la loi sur les logements sociaux devrait s’appliquer, nous n’en n’avons pas assez. Nous en avons livré 26 en début de mandat et 13 devraient l’être au printemps 2020 sur le lotissement communal à la place de l’ancien stade. Là, nous avons 24 parcelles étendues sur 9200 m2, soit une moyenne de 350 à 500m2 par lot.

Quels sont vos autres réalisations faites et à venir ?

La salle associative sera livrée en fin d’année, à destination d’une vingtaine d’associations. Il y a aussi la rénovation du centre culturel François-Mitterrand, qui fut un des premiers du département et qui a très mal vieilli. Les travaux de réhabilitation sont estimés à 2 millions d’euros, ils seront faits lors du prochain mandat.

Lignan est aussi connue pour Tabarka et son pont qui semble être en mauvais état. Qu’en est-il ?

Le parcours sportif est géré par la ville de Béziers, la route qui y mène l’est par Lignan. Concernant le pont, il est dans un état qui nous permet encore son utilisation. Nous allons investir 20 000 euros pour sa rénovation et Maraussan, de l’autre rive, la même somme, pour le minimum qui doit être fait.

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