Il y a des solitudes qui ne se voient pas… L’illetrisme, tous concernés

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) a organisé une conférence sur : « Illettrisme : comprendre et agir » animée par Stéphen Bertrand du Centre de ressources Illettrisme Alphabétisation de l’Hérault (CRIA) le 30 mars dernier à la maison de la vie associative de Béziers.

Stéphen Bertrand définit l’illettrisme comme « la situation de personnes de plus de 16 ans qui, bien qu’ayant été scolarisées en langue française, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples ».  Pour certaines personnes, ces difficultés en lecture et écriture peuvent se combiner, à des degrés divers, avec une insuffisante maîtrise d’autres compétences de base comme la communication orale, le raisonnement logique, la compréhension et l’utilisation des nombres et des opérations, la prise de repères dans l’espace et dans le temps, etc.

L’absence de maitrise du français et plus largement des savoirs de base constitue un facteur majeur d’exclusion sociale. C’est un obstacle à l’accès à l’emploi. Aujourd’hui, tous les métiers, même les moins qualifiés, demandent de savoir déchiffrer des consignes de sécurité, de remplir un formulaire, d’effectuer des calculs simples…

Dans l’Hérault, le phénomène est d’importance. Quelle que soit l’origine et la nationalité, 7% de la population de 18 à 65 ans ayant été scolarisés ne maitrisent pas suffisamment les savoirs de base pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. Parmi elles, 3,9% des jeunes de 17 ans présentés aux journées de défense et citoyenneté étaient en situation d’illettrisme.

Malgré ces déficits, les personnes en situation d’illettrisme ont acquis de l’expérience, une culture et un capital de compétences. Nombre de ces personnes sont en emploi puisque 51% des personnes en situation d’illettrisme exercent une activité professionnelle soit 120 000 personnes. 23 500 sont au chômage, mais l’équilibre est fragile et le risque de marginalisation permanent.

Ce sont des difficultés quotidiennes – invisibles – que peuvent rencontrer un ami, un voisin ou même un collègue. Caché, sournois, l’illettrisme avance masqué et laisse un sentiment de honte,  de peur, de défiance envers le système scolaire à celui qui en souffre. Afin de dissimuler ses difficultés, la personne illettrée va développer des stratégies d’évitement, quitte à volontairement se mettre au ban de la société en ne participant plus à la vie sociale ou culturelle.

Agir contre l’illettrisme, c’est permettre à chacun de renouer avec les connaissances de base pour développer son autonomie dans la vie quotidienne. C’est aussi donner aux jeunes une nouvelle chance afin de favoriser leur insertion professionnelle. C’est, enfin, permettre aux adultes fragilisés de consolider leur parcours, en leur donnant des clés pour conserver ou trouver un emploi, réussir une évolution professionnelle.

Plusieurs dispositifs de formation existent, notamment le Centre Régional De Formation Professionnelle (CRFP) et consultable sur le site www.meformerenregion.fr

Prévenir l’illettrisme est l’affaire de tous, pas seulement de l’école. Savoir lire, écrire, apporte la vraie liberté, l’autonomie. Tout le monde n’a pas encore acquis cette liberté.

Une pensée sur “Il y a des solitudes qui ne se voient pas… L’illetrisme, tous concernés

  • 3 juin 2019 à 9 h 34 min
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    L’enjeu est double : montrer que l’illettrisme existe meme s’il ne se voit pas et expliquer aux 2,5 millions de personnes concernees dans notre pays et a leur entourage que des solutions de proximite sont a leur portee.

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