Municipales de Béziers : les partis s’activent ! 3ème partie

A un peu plus d’un an des élections municipales de 2020, la ville de Béziers commence à bouger. D’abord de manière invisible, mais bientôt au su et au vu de tous, les forces politiques vont se mettre en ordre de marche, tenter de se faire entendre, de convaincre les Biterrois pour faire bouger les lignes et organiser, en leur nom, la vie de la cité. Ces forces, elles sont nombreuses. L’Agora du Biterrois est allée à leur rencontre pour vous les présenter. Voici la troisième partie de ce petit tour d’horizon des partis et des forces en présence.

Le PS biterrois cherche joue la carte de l’union

Dolores Roque, 67 ans est née  en Espagne en 1952. Arrivée à Béziers en 1964, elle s’engage au parti socialiste à partir de 2001. Elle devient députée en juin 2012 puis conseillère régionale en décembre 2015 après la victoire de Carole Delga.

Pouvez-vous présenter votre parcours personnel et politique ?

Je suis la fille d’un républicain socialiste espagnol. Nous nous sommes réfugiés au Maroc peu après ma naissance. J’ai vécu dans un milieu où se côtoyaient de nombreux exilés politiques qui rejouaient sans cesse la guerre d’Espagne. J’écoutais leurs discussions et une fois je suis intervenue en disant : « vos divisions sont peut être la cause de votre défaite » ! J’ai gardé de ce premier contact avec la politique mon côté résolument unioniste. Je cherche toujours ce qui fédère plutôt que ce qui clive, divise. J’arrive à Béziers en 1964 grâce à mon père qui connaissait José Guilhem l’un des membres éminent de la colonie espagnole.

De quand date votre premier souvenir politique ?

1968, j’étais en seconde. Je voulais que la société change notamment sur la question de la place des femmes dans la société. Je sentais aussi une attente très forte en faveur de l’égalité. Je pense que l’émancipation passe par l’école qui doit lutter contre le système de reproduction sociale. J’adhère alors aux jeunesses communistes. J’y reste six mois car après  avoir lu l’archipel du goulag de Soljenitsyne, je demande à en parler lors d’une réunion de section. Les camarades refusent et je quitte la réunion et le parti. Par l’intermédiaire de mon travail de professeur de français et d’espagnol en lycée professionnel, je m’engage à l’UNSA et la FEN.

En 2001, Jean-Claude Gayssot me propose d’intégrer sa liste d’union de la gauche pour les municipales. J’adhère au PS quelques mois après et m’engage dans le combat politique. Je réalise un bon score face à Fontes lors des cantonales de 2008 (43%) puis je suis suppléante de Jean-Michel Duplaa en 2011 lors de sa réélection sur le canton de Béziers IV. Enfin, en 2012 je l’emporte d’une courte tête face à Elie Aboud. Ces dix voix ne sont pas suffisantes pour empêcher un recours et finalement je suis battue lors de l’élection partielle qui suit. Mon élection en juin 2012 était vraiment belle. On ne s’attendait pas à ce que je gagne.

Parlons de la situation du PS à Béziers, comment expliquez-vous les divisions historiques des socialistes ?

Les quatre sections du PS à Béziers correspondaient au nombre de cantons. L’objectif était aussi de s’auto neutraliser. Au fil du temps les oppositions ont pu devenir irréconciliables.

Que pensez-vous de la réunification des sections ?

Je crois que c’est un vieux souhait partagé par la majorité des militants. Sa traduction, c’est le partage des pouvoirs. Le 19 février dernier, nous avons procédé à l’élection du nouveau secrétaire de la section unique. Noel Guillotin, militant de longue date, l’a emporté.

Face à l’extrême droite qui dirige Béziers, le PS semble jouer la carte du rassemblement puisque vous avez rejoint le cercle de réflexion de Thierry Mathieu.

Je me suis engagée à soutenir le cercle de réflexion de Thierry Mathieu. Il ne s’agit pas pour l’instant d’une candidature aux municipales. Je suis référente au sein de Pour Béziers et chargée du logement. J’ai rejoint ce cercle car j’ai senti que Thierry pouvait être l’initiateur d’une dynamique. Je m’engage pour Béziers avec l’aval de ma famille politique. Dans ce cercle politique, nous avons des divergences sur les politiques nationales mais ce qui nous réunit localement est plus fort que ce qui nous divise nationalement.

Génération(s), le parti de Benoit Hamon se cherche une place dans la cité cathare

Marc de Velder, 50 ans, professeur d’histoire au Lycée Henri IV, est, depuis fin 2017, responsable du parti génération.s sur Béziers.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et politique ?

Je suis professeur d’histoire depuis 1994, d’abord à Créteil jusqu’en 2002 puis à Alençon. Je suis arrivé à Béziers en juillet 2008. Je me suis engagé au PS dès ma majorité en 1987 puis je l’ai quitté en 2012, très déçu par les débuts du quinquennat de François Hollande.

Pourquoi avoir rejoint Génération.s ?

J’ai soutenu les frondeurs Montebourg et Hamon lors du quinquennat Hollande. Ensuite, pour la primaire de la gauche fin 2016 début 2017, j’ai milité en faveur de Benoit Hamon. Malgré son échec à la présidentielle, j’ai décidé de poursuivre mon engagement à ses côtés en adhérant en 2017 à son nouveau parti. La nouvelle direction du PS menée par Olivier Faure ne semble pas avoir tiré les leçons des échecs du passé. La ligne reste la même que celle de François Hollande avec les résultats que l’on connait. De nombreux frondeurs comme Emmanuel Maurel ont décidé de rejoindre Mélenchon. Je ne pouvais pas opter pour ce choix, la dérive autoritaire de Mélenchon me déplait profondément.

Comment se passe l’implantation de ce nouveau parti sur Béziers ?

Mark de Velder : Sur Béziers, ce n’est pas simple. C’est une ville qui vote plutôt aux extrêmes. Pour un parti comme génération.s, c’est difficile de s’implanter. À Montpellier, le parti est beaucoup plus dynamique. Les questions liées à l’écologie portent beaucoup plus à Montpellier qu’à Béziers où elles sont presque absentes. Mais il ne faut pas perdre espoir.

Quel bilan dressez-vous du mandat de la majorité municipale ?

Le maire de Béziers a su vendre les travaux du centre ville. Sa communication est très aboutie. Mais ses discours qui stigmatisent font du mal à l’image de la ville.

La France Insoumise veut diffuser ses idées sur le terrain

Pierre Polard, Maire de Capestang, a été candidat pour La France Insoumise sur la 5ème circonscription de l’Hérault lors des élections législatives de juin 2017. Arrivé en troisième position avec un score de 16,86%, derrière Philippe Huppé (LREM, 28,56%) et Gilles Ardinat (RN,22,08%), il a largement devancé la candidate du Parti Socialiste, Marie Passieux (13,01%). Pierre Polard est le représentant le plus en vue du mouvement de La France Insoumise  sur l’Ouest du Département.

Vous avez quitté le Parti Socialiste en mai 2017 pour rejoindre la France Insoumise. Certains y ont vu une posture opportuniste. Que leur répondez-vous ?

(Rires) Je fais mienne cette phrase de Winston Churchill : « Certains changent d’idées pour rester fidèle à leur parti. Moi, je change de parti pour rester fidèle à mes idées ».

Comment voyez-vous la situation politique sur le biterrois ?

Une chose est sûre, si l’on se fie aux résultats des législatives, c’est la France Insoumise qui est de loin la première force de gauche sur l’ouest Hérault. Il faut en prendre acte. Nous voulons fédérer les forces de gauche autour de nous. Ça a été la stratégie gagnante de François Ruffin dans la Somme et c’est ce que j’ai essayé de faire sur la 5ème, avec Catherine Brusq ma suppléante communiste « unitaire », avec le soutien d’Ensemble ! et du Parti Ouvrier Indépendant.

Alexis Corbière s’est rendu récemment à Béziers. Pensez-vous qu’il a des visées sur sa ville natale ?

Il faudrait lui poser la question directement ! Mais au-delà des questions de personnes, il faut se concentrer sur les idées, le programme. La France Insoumise est la seule force politique qui possède un programme cohérent, centré sur la justice fiscale et sociale, le progrès humain : l’Avenir en Commun. Il apporte des réponses concrètes aux préoccupations soulevées par le mouvement des « gilets jaunes ». C’est la raison pour laquelle j’ai lancé, avec mon ami René  Revol, Maire de Grabels, le mouvement l’Avenir en Commun(e) qui a pour objet de décliner dans chaque commune les mesures de notre programme.

Quelles sont les prochaines étapes ?

N’oublions pas que la prochaine échéance électorale est l’élection européenne du 26 mai prochain. Nous devrons nous battre pour faire échec à cette Europe libérale qui organise la concurrence entre les peuples, et abandonne les modèles sociaux au bénéfice d’une caste privilégiée. Ensuite, viendra le temps des municipales, avec un travail de fond qui a déjà débuté dans de nombreuses communes. Et, parce qu’il faut voir loin, nous ne perdons pas de vue les sénatoriales et les départementales de 2021… Nos idées doivent se déployer à tous les niveaux, du local au national !

2 pensées sur “Municipales de Béziers : les partis s’activent ! 3ème partie

  • 2 avril 2019 à 1 h 40 min
    Permalink

    La ville maudite , beaucoup la regarde avec un œil brillant .
    PS , insoumis , génération Béziers .
    Et oui un tremplin fumant pour aller plus haut ! Ou rester assis confortablement si rien n’arrivait derrière .
    Mais pour faire quoi de plus , de mieux ? Un travail de fond a été mis en place par la mairie actuelle , certes le chantier est lourd et sera long mais ce n’est pas en allant manger chez petit pierre que l’on connaît les problématiques biterroises .
    Béziers , Un mixage de population , entre des riches et ceux qui vivent des fonds publics .
    Le décalage est tel que lorsque l’on parle dans certaines communes de stationnements , de revetements de rues , de centres médicaux , à Béziers on en est à apprendre le civisme. et oui on démarre de loin de très loin .et comme dirait l’autre on joue pas dans la même cours ici c’est plutôt la cours des miracles.. ce n’est pas le petit village biterrois où l’on danse le vendredi et où l’on fait kermesse le dimanche en prenant soin de participer aux festivités pour voir les voisins . Ça ce n’est pas Béziers .
    Béziers ce sont ces familles que l’on essaie d’aider très souvent monoparentales , avec des services à la CAF , disponibles , souriants, aidants.
    C’est un commissariat de police débordés , car à Béziers tout est possible alors on se bat avec les fonds publics , et on fait comme on peut car personne n’aidera Menard ce sont des écoles avec des enfants ou le niveau n’est pas «  bas » car à ce niveau l’echelle De mesure n’a pas de graduation . Mais où il faut éduquer , civiliser, apprendre .
    C’est aussi un lieu où les marchands de sommeil font fortune en louant à leurs propres frères des taudis!
    Alors , il n’est pas question de partis dans cette ville , et le parti pris à Béziers est déplacé ! Je ne suis pas FN et très loin de la , mais je voue un certain respect à la mairie biterroise qui se bat chaque jour afin que sa population s’eleve en donnant des entrées gratuites à toute la culture biterroise , qui conscient de la précarité de sa population ne fait pas payer les stationnements , qui impose des règlements comme pour le linge aux fenêtres , des horaires à respecter pour les sorties nocturnes des enfants qui trop souvent errent la nuit dans les rues .( On est tellement loin de la chasse au chats errants de certains villages de proximité .)
    Par des services publics disponibles et très efficaces , par la rénovation qui a commencé de cette belle ville que l’on a laisser se dégrader , quand Fréche a été bien content de faire déplacer certaines populations sur Béziers .
    Alors oui ça ne va pas assez vite , oui je suis partie de cette ville mais je ne serais pas le roquet qui aboie pour que son herbe soit plus verte et laisse tomber sa propre commune comme il a laissé tomber son parti .
    Que recherche t on pour une ville un homme ou parti ?
    Je ne voterai jamais pour votre parti , monsieur meinard ,et je ne voterai pas plus pour vous n’étant Pas citoyenne biterroise , mais je baisse mon chapeau pour tout ce que vous faites pour votre ville en espérant qu’elle n’arrivera pas aux mains de certains promoteurs biterrois qui par de l’ argent et des stratégies bien menées , placeraient un pion assouvi de pouvoir pour mieux faire leur marcher .
    Ne dit on pas la critique est aisée mais l’art est difficile…!

    Répondre
  • 2 avril 2019 à 8 h 15 min
    Permalink

    La ville maudite , beaucoup la regarde avec un œil brillant .
    PS , insoumis , génération Béziers .
    Et oui un tremplin fumant pour aller plus haut ! Ou rester assis confortablement si rien n’arrivait derrière .
    Mais pour faire quoi de plus , de mieux ? Un travail de fond a été mis en place par la mairie actuelle , certes le chantier est lourd et sera long mais ce n’est pas en allant manger chez petit pierre que l’on connaît les problématiques biterroises .
    Béziers , Un mixage de population , entre des riches et ceux qui vivent des fonds publics .
    Le décalage est tel que lorsque l’on parle dans certaines communes de stationnements , de revetements de rues , de centres médicaux , à Béziers on en est à apprendre le civisme. et oui on démarre de loin de très loin .et comme dirait l’autre on joue pas dans la même cours ici c’est plutôt la cours des miracles.. ce n’est pas le petit village biterrois où l’on danse le vendredi et où l’on fait kermesse le dimanche en prenant soin de participer aux festivités pour voir les voisins . Ça ce n’est pas Béziers .
    Béziers ce sont ces familles que l’on essaie d’aider très souvent monoparentales , avec des services à la CAF , disponibles , souriants, aidants.
    C’est un commissariat de police débordés , car à Béziers tout est possible alors on se bat avec les fonds publics , et on fait comme on peut car personne n’aidera Meinard ce sont des écoles avec des enfants ou le niveau n’est pas «  bas » car à ce niveau l’echelle De mesure n’a pas de graduation . Mais où il faut éduquer , civiliser, apprendre .
    C’est aussi un lieu où les marchands de sommeil font fortune en louant à leurs propres frères des taudis!
    Alors , il n’est pas question de partis dans cette ville , et le parti pris à Béziers est déplacé ! Je ne suis pas FN et très loin de la , mais je voue un certain respect à la mairie biterroise qui se bat chaque jour afin que sa population s’eleve en donnant des entrées gratuites à toute la culture biterroise , qui conscient de la précarité de sa population ne fait pas payer les stationnements , qui impose des règlements comme pour le linge aux fenêtres , des horaires à respecter pour les sorties nocturnes des enfants qui trop souvent errent la nuit dans les rues .
    Par des services publics disponibles et très efficaces , par la rénovation qui a commencé de cette belle ville que l’on a laisser se dégrader , quand Fréche a été bien content de faire déplacer certaines populations sur Béziers .
    Alors oui ça ne va pas assez vite , oui je suis partie de cette ville mais je ne serais pas le roquet qui aboie pour que son herbe soit plus verte et laisse tomber sa propre commune comme il a laissé tomber son parti .
    Que recherche t on pour une ville un homme ou parti ?
    Je ne voterai jamais pour votre parti , monsieur meinard et je ne voterai pas pour vous n’étant Pas citoyenne biterroise , mais je baisse mon chapeau pour tout ce que vous faites pour votre ville en espérant qu’elle n’arrivera pas aux mains de certains promoteurs biterrois qui par de l’ argent et des stratégies bien menées , placeraient un pion assouvi de pouvoir pour mieux faire leur marcher .
    Ne dit on pas la critique est aisée mais l’art est difficile…!

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