Les violences faites aux femmes : un fléau sociétal

Les violences faites aux femmes prennent la forme de violences physiques, psychologiques, économiques, administratives, verbales et peuvent se produire ponctuellement ou sur des périodes très longues. Parmi elles les violences au sein du couple restent un problème de société majeur qui touche toutes les catégories sociales et toutes les cultures. 

  • En moyenne chaque année en France, 225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales dans ses formes les plus graves (violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint).
  • En 2017, 130 femmes ont été tuées en France par leur partenaire ou ex-partenaire. soit une femme tous les 3 jours.
  • 1 femme sur 7 (14,5 %) déclare avoir vécu au cours de sa vie au moins une forme d’agression sexuelle (viols, tentatives de viol, attouchements, baisers imposés par la force et pelotage – le harcèlement sexuel et l’exhibitionnisme ne sont pas pris en compte).
  • 3,7 % des femmes déclarent avoir subi au moins un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie.
  • Parmi les femmes déclarant avoir été victime de viol ou de tentative de viol, plus d’une sur deux (52,7 %) a été victime pour la 1ère fois avant ses 18 ans.
  • 1 jeune fille sur 5 en France a été insultée en ligne sur son apparence physique et 1 sur 6 a été confrontée à des cyberviolences à caractère sexuel par photos, vidéos ou textos.
  • Dans l’Hérault, 8 840 personnes ont été victimes de violences et conflits intrafamiliaux en 2016 : 29% de ces faits de violence ont eu lieu dans la sphère familiale et 22% relèvent de violences conjugales.

Ces chiffres sous-estiment pourtant le phénomène des violences dans notre société car la majorité des victimes ne déclarent pas les faits à la police ou à la gendarmerie. On constate cependant une meilleure révélation des faits suite à l’affaire « Weinstein » et les mouvements anti-harcèlement qu’elle a déclenchés dans le monde entier. Depuis le mois d’octobre 2017 et le début du mouvement #MeToo, le nombre de victimes de violences sexuelles connues des forces de sécurité a augmenté de 23 %.

La création d’un centre d’hébergement d’urgence à Béziers : Un centre attendu, un centre pour se reconstruire

Jusqu’alors dépourvu de structures adaptées, le grand Biterrois dispose désormais d’un centre d’hébergement d’urgence dédié aux femmes victimes de violences conjugales et à leurs enfants. Ouvert depuis la fin d’année 2018, ce projet est une réponse attendue avec impatience aux besoins du territoire pour la protection des femmes et de leurs enfants, après un diagnostic partagé par l’ensemble des professionnels du territoire : Département, CCAS, hôpital de Béziers, commissariat, gendarmerie, associations, Agglomération Béziers Méditerranée.

Le centre assure un accueil d’urgence 24h/24 et 7J/7. Il permet à la fois :

  • Une mise à l’abri des victimes de violences conjugales et de leurs enfants. Il garantit la protection des personnes, l’écoute des victimes et une évaluation approfondie de leur situation.
  • Un accompagnement des femmes et de leurs enfants dans les démarches nécessaires à l’élaboration d’un nouveau projet de vie.

Les accords qui unissent les différents financeurs : l’Etat, le conseil départemental, l’Agglomération Béziers Méditerranée et l’association l’Amicale du Nid ont été signés le 27 novembre dernier. La mairie de Béziers n’en fait pas partie. En mai 2018, la députée Emmanuelle Ménard s’est opposée à la création d’une contravention d’« outrage sexiste » pour les faits de harcèlement dans l’espace public, regrettant « une chasse à l’homme ».

Aujourd’hui, l’association l’Amicale du Nid gère le lieu en partenariat avec le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) 34. Le grand biterrois dispose maintenant d’un dispositif qui propose une démarche globale visant à réinsérer socialement les femmes accueillies. Les pensionnaires sont suivies : le CIDFF met à disposition du centre d’hébergement un psychologue, un juriste et un conseiller en insertion professionnelle. Actuellement, 6 familles sont accueillies. Des dossiers sont en cours d’instruction mais le centre ne peut accueillir qu’une dizaine de famille. Les capacités d’hébergement sont encore en-dessous des besoins de notre territoire.

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