Hérault Underground : Le Skeleton Band, bande à part

Ballades de marins sous absynthe, mélodies vénéneuses, guitares sous tremolo, bienvenue dans le cirque infernal du Skeleton Band. Les spécialistes aiment à parler de l’univers de l’artiste, le monde personnel dans lequel il doit nous amener. Pour le trio héraultais le mot convient tout à fait. Ils nous embarquent avec eux dans un voyage géographique et temporel, à bord d’un vieux rafiot qu’ils partagent bien sûr avec quelques uns de leurs illustres ainés, Tom Waits en tête. Leur troisième et dernier album, le superbe « Tigre Teigne », dégouline la classe du bayou, entre banjos hypnotiques, contre-basse titubante et incantation de magie noire. Déjà plus de dix ans au service d’un rock aux racines américaines blues, folk et country. Des centaines de concerts enthousiasmants sur des airs de danse macabre, de choeurs de pirates et de rythmiques syncopées. Le Skeleton a de la bouteille. De Bourbon, évidemment. Clément relate les faits :

Comment vous êtes vous mis à la musique ? Quelles sont vos premières amoures musicales ?

Nous avons commencé la musique parce que nous voulions créer notre groupe de rock. Chacun a choisi son instrument et nous avons appris par nous-même, sans formation musicale, d’erreur en erreur et de concert en concert. À l’époque, nous écoutions les Pixies, Tom Waits, Nick Cave, The Dead Brothers ou encore Calexico.

Comment l’histoire du skeleton a commencé ?

Après quelques années de pratique, la musique que nous désirions, que nous voulions approcher se faisait plus précise. Nous avons créé Le Skeleton Band à ce moment-là.

Nous répétions à Montpellier mais notre batteur étant originaire de Béziers, nous avons fait de nombreux concerts dans les environs.

Votre musique a un côté théâtral qui se développe aussi bien en studio qu’en live, les deux arts sont-ils liés pour vous ?

Liés, je ne sais pas… Le théâtre et la musique sont des arts que nous avons explorés et par lesquels nous cherchons à émouvoir et à être émus. Sur scène, nous tentons d’être spontanés, engagés dans le son, dans l’atmosphère des chansons, il en ressort peut-être quelque chose d’expressionniste (donc de théâtral ?).

Quels sont les thèmes que vous aimez aborder dans vos textes ? Racontez vous des histoires ?

Les thèmes, en ce moment, sont ceux des tourments intérieurs et extérieurs, du pont entre eux, des bandes de solitaires, de l’inconnu, de l’obscurité et de la lumière qui se révèle derrière. Il y a des larmes, des rires et des hurlements. C’est un peu abstrait à expliquer, mais les sensations sont là, concrètes et quotidiennes !

Votre musique semble sortir d’un autre temps, le modernité vous fait-elle peur ?

J’ai la sensation que notre musique est plus atemporelle que prisonnière du passé. Il y a une certaine vision de la modernité dans nos chansons (encore que je ne suis pas certain de pouvoir clairement définir cette notion). Dans l’énergie de la musique du Skeleton Band, il y a peut-être quelque chose d’holistique, qui englobe des éléments et états qui, à première vue, ne semblent pas liés, ainsi le temps dans nos chansons n’est pas linéaire, les états traversés sont à la fois actuels et primitifs.

Le dernier album « Tigre Teigne » est très riche, bien que parfois minimaliste, au niveau des sons, des arrangements on sent que vous aimez ça. Parle moi de votre session studio en Italie.

Nous avons enregistré en live, sur des bandes analogiques. Sur ce disque, nous voulions quelque chose de brut, de direct, d’âpre. Nous voulions entrer directement dans la sensation, dans un rapport physique, immédiat. C’était une volonté de quitter la narration (très présente dans La Castagne, notre album précédent) pour une expérience sonore plus nerveuse et plus frontale.

Vous y chantez en anglais, en français, même en portugais…

Nous aimons utiliser le texte comme matière au même titre que les instruments, le choix des langues se fait de manière erratique, au fil de ce qui a été écrit, testé, tenté. Par exemple, le portugais nous est venu car nous passions beaucoup de temps au Portugal en tournée et la sonorité de cette langue nous a enthousiasmés.

Quel est le programme du Skeleton Band pour les prochains mois ?

Nous préparons notre prochain disque, à sortir, si tout se passe comme prévu, en 2020. Nous jouons le 23 mars au Black Sheep à Montpellier ! « 

Piero Berini

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