CAZOULS LES BÉZIERS : Philippe Vidal, entre proximité et retenue

Philippe Vidal est maire de Cazouls-lès-Béziers depuis 2008 et conseiller département depuis 2011. Réélu maire en 2014 sans opposition, il pourrait de nouveau l’être l’an prochain. Mais pour l’instant, aucun opposant ne s’est déclaré. Et lui-même attend avant de se prononcer, préférant finir les nombreuses réalisations et travaux qui sont en cours dans sa commune. Pour la première fois, selon l’Insee, Cazouls vient de passer la barre des 5000 habitants.

Que représente pour vous le guide du Routard Œnotourisme en Hérault, que vous avez présenté au Salon de l’agriculture fin février ?

Il s’agit du premier guide Œnotouristique du Routard, c’est une totale réussite. Nous avons devancé d’autres départements qui s’étonnent que l’Hérault soit devant. Le patron du Routard a dit que tout le monde était à égalité mais que l’Hérault l’avait sollicité en premier. Le président du conseil département Kléber Mesquida a porté avec moi et tous les élus, sans bureau d’étude. Le Routard a trouvé un projet abouti, ficelé, notre cahier des charges correspondait à ce que le Routard attendait. Dans ce guide, nous trouvons des routes oenotouristique, avec des caveaux labellisés, des restaurants, de l’hôtellerie, du plein air, tout ce qu’il faut pour faire venir les touristes. Il paraîtra en mai et sera tiré à 4 millions d’exemplaires.

Vous êtes maire de Cazouls-lès-Béziers depuis 2008. Allez-vous vous représenter en 2020 ?

Je ne me suis pas encore positionné car nous avons une grosse année de travail. Nous avions des chantiers pour 2015-16 qui ont pris du retard, ceux de 2017-18 sont à l’heure mais tout arrive en même temps, nous avons encore de gros travaux. Je trouverais mal venu d’être déjà dans la course de la prochaine fois alors qu’on est dans le dur du sujet. Il y a un temps pour tout.

Quels sont les projets pour votre fin de mandat ?

A la fin du mandat, une des réalisations majeures qui va augurer du bien-être de Cazouls au XXIe siècle sera celle de la voie verte entre le canal du midi et Saint-Chinian ainsi que l’espace gare au centre du village sur deux hectares. On va y faire esplanade, jeu d’enfants, wagon restaurant, aire sportive, aire scénique avec un théâtre de verdure. Ce sera le projet majeur de cette fin de mandat et le suivant, il reste encore trois ou quatre ans de travaux.

Et parmi vos réalisations ?

Il y a en quatre majeures : la maison médicale, la nouvelle Poste, le boulodrome couvert, et la maison de la jeunesse. On a beaucoup œuvré sur le routier. L’avenue de Béziers sera faite avec l’aide du Département, nous avons aménagé la rue du cimetière, créé plusieurs parking et refait le revêtement du centre historique, toutes les rues sont finies. Enfin, il y a la place des 140 qui sera réalisée après un concours d’architectes pour l’esplanade et les bâtiments en fonction de ce qu’on va trouver lors des fouilles.

Quels ont été vos actions envers les associations ?

Nous avons livré et remis à neuf l’ancien réfectoire devenue la salle des anciens, rendu une salle neuve pour la musculation et créé le boulodrome couvert pour les boulistes. Dans l’été, nous referons le local de la chasse.

 On voit que vous communiquez beaucoup. Pourquoi ?

Il y a en lien direct avec la population. Je reçois à titre personnel 700 rendez-vous par an en plus de ça je suis très actif sur les réseaux sociaux. On me questionne, je réponds par Messenger, les gens savent que je suis accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

En 2020 auront lieu les élections municipales et communautaires. Pensez-vous que les intercommunalités sont de plus en plus importantes ?

Dans la Domitienne, nous sommes beaucoup de maires à vouloir garder nos prérogatives et nous voulons continuer à gérer au plus près. Dès que l’on écarte la décision de la proximité, forcément ça devient plus compliqué. A Cazouls, nous avons gardé le PLU, la police municipale que je ne transférerai jamais. La Domitienne a la compétence culture, nous avons transféré le réseau des médiathèques. Les communes continuent d’acheter mais le fond est intercommunal, pour les prêts d’une médiathèque à l’autre.

Comment gérez-vous la hausse de la population de votre commune ?

Cazouls est une ville attractive avec deux supermarchés, un collège, des commerces, le centre est revitalisé. On y vit bien. Nous avons 50 caméras, une pour cent habitants. La réalisation de mon mandat dont je suis le plus fier est la gendarmerie, je me suis battu pendant dix ans pour l’avoir. Cazouls est un village où on vit bien, en sécurité. Le dernier recensement fait état de 5063 habitants. La limite est que nous gardons le pied sur le frein, nous ne réalisations pas d’extension du PLU, nous tenons à notre équilibre.

Que pensez-vous du mouvement des Gilets jaunes et du grand débat ?

Nous avons organisé une réunion pour le débat national et avons envoyé cinq cahiers de doléances. On tirera le bilan dans un an, je refuse de dire dès maintenant si c’est un enfumage ou si ça a servi. Il faut reconnaitre que le gouvernement a pris un gros risque.

Vous êtes élus au département sous l’étiquette PS. Êtes-vous toujours socialiste ? Soutenez-vous le gouvernement ?

Dans l’esprit je suis toujours socialiste mais je me sens plutôt humaniste et ouvert. Je ne combats ni ne soutiens le gouvernement même si j’étais opposé à la hausse de la CSG et des carburants, à la baisse des APL, des retraites, de l’ISF. Si demain le gouvernement change de cap, alors je pourrai le soutenir, je n’ai pas de dogme.

Quel bilan tirez-vous du permis de louer, que vous avez mis en place début 2018 ?

Nous avons été une des premières communes de France l’utiliser, la première de l’Hérault. J’en suis fier, c’est de la politique au sens noble du terme, la loi nous a aidé, il fallait le courage pour l’appliquer. En 2017, nous avons eu 365 déménagements, 185 en 2018, donc beaucoup moins de turnover. Sur ces 185, 106 ont fait l’objet d’une autorisation immédiate, 78 ont fait l’objet d’une contre-visite et un refus de relocation. Beaucoup de propriétaires ont fait des travaux. Nous avons identifié notre parc. Nous avions des SCI hors sol, d’autres départements, que nous avons ciblé, des gens qui achetaient le bien sans le vendre. Au lieu de relouer, ils préfèrent désormais vendre et ça nous va très bien, nous avons donc dégagé une frange indélicate.

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