Municipales de Béziers : les partis s’activent ! 2ème partie

A un peu plus d’un an des élections municipales de 2020, la ville de Béziers commence à bouger. D’abord de manière invisible, mais bientôt au su et au vu de tous, les forces politiques vont se mettre en ordre de marche, tenter de se faire entendre, de convaincre les Biterrois pour faire bouger les lignes et organiser, en leur nom, la vie de la cité. Ces forces, elles sont nombreuses. L’Agora du Biterrois est allée à leur rencontre pour vous les présenter. Voici la deuxième partie de ce petit tour d’horizon des partis et des forces en présence.

Europe Ecologie – Les Verts

Âgé de 45 ans , Thierry Antoine est le nouveau responsable d’Europe écologie les Verts sur le Biterrois. Souvent marginalisé sur ce territoire, les Verts veulent avec Thierry Antoine peser dans le débat politique aux européennes puis aux municipales.

Agora du Biterrois : A quel moment et pourquoi vous êtes-vous engagé pour Europe Ecologie les Verts ?

Thierry Antoine : J’ai toujours été de gauche. J’ai toujours eu la fibre sociale. Mon engagement à EELV date de la démission de Nicolas Hulot qui m’a fait prendre conscience de l’urgence écologique. On ne parle pas d’une urgence à 200 ou 300 ans mais d’une urgence pour nos petits-enfants et même nos enfants.

Que pensez-vous de l’action de la municipalité et de l’agglo en faveur de l’écologie ?

La municipalité est très peu intéressée par les enjeux écologiques. L’Agglo, même si cela reste insuffisant, fait preuve de plus d’engagement. Je salue le remplacement des bus diesel par exemple. Cependant, Béziers reste une ville très peu écolo. Il est toujours plus pratique par exemple de prendre la voiture que le bus. Circuler à vélo est dangereux et compliqué. Il y a très peu de pistes cyclables. Par ailleurs, le centre historique possède de nombreux logements anciens où réside une population souvent précaire. Ces logements sont souvent mal isolés, ce qui fait augmenter de façon dramatique les factures d’énergies. L’écologie est aussi une question sociale.

Quelle sera votre stratégie pour les prochaines élections municipales ? Allez-vous jouer la carte du rassemblement ?

Nous n’avons pas encore arrêté de stratégie. Nous ne savons pas si nous allons monter une liste où nous rallier à un autre candidat. Nos attendons de voir les propositions en faveur de l’écologie. En 2014, nous avions choisi de participer à la primaire du parti socialiste mais ça n’a pas franchement été une réussite. Cependant, il est évident que l’on aimerait voir Robert Ménard battu. Mais il faut proposer quelque chose de fort et cohérent.

Enfin, dans un contexte de désaffection croissante des citoyens envers les partis politiques, croyez-vous encore en leur pertinence et leur avenir ?

Cette défiance n’est pas imméritée. Les partis traditionnels ont beaucoup déçu. Mais je crois quand même en leur avenir et plus généralement en la politique. La politique est noble si elle est proche des citoyens. Nous sommes engagés pour améliorer la vie des gens.

Rassemblement National

Emile Fort, 74 ans retraité, ancien économiste dans le bâtiment, est devenu en 2018 responsable de l’action militante du Rassemblement national sur la sixième circonscription de l’Hérault.

L’Agora du Biterrois : Pouvez-vous présenter votre parcours politique et professionnel ?

Emile Fort : J’ai travaillé longtemps en Suisse tout en vivant en Haute-Savoie près de la frontière. Je me suis intéressé à la vie politique suisse qui est totalement différente de la notre. Il n’existait pas de parti communiste par exemple et les citoyens peuvent s’exprimer à travers de nombreuses votations sur pleins de sujets, chose encore difficilement imaginable en France. Puis, j’ai racheté une entreprise à Agde et je me suis finalement installé dans la région. Politiquement, j’ai commencé à voter Jean-Marie le Pen dans les années 1980. J’étais totalement opposé aux communistes. De plus, même si je n’ai pas participé à la Guerre d’Algérie, je soutenais l’OAS et les pieds-noirs. Certes, cette organisation a commis des crimes, mais la cause qu’elle défendait était pour moi juste.

Quelles sont les relations du RN local avec le maire de Béziers ? Comment caractérisez-vous son action ?

Elles sont bonnes. Il respecte tout le monde. Il est exigeant avec lui-même et les autres.  Il a eu des différends politiques avec Marine le Pen, notamment sur l’euro et sur l’économie en général. Finalement, Marine le Pen est venue sur ses positions en renonçant à la sortie de l’euro. Sa gestion est efficace et les résultats sont là notamment au centre-ville. Le deuxième mandat sera celui des réalisations pour les autres quartiers de la ville.

Dans un contexte de crise des partis politiques, comment se porte le RN biterrois ?

Les adhésions sont en hausse après un creux en 2017. Le RN compte 260 adhérents sur Béziers et environ 500 sur la sixième circonscription.

Parti Radical de Gauche

Florence Brutus 52 ans, est vice-présidente en charge de l’aménagement du territoire, des nouvelles technologies et de la politique contractuelle à la région Occitanie depuis novembre 2017.  Elle est également membre du bureau national du PRG.

Agora du Biterrois : Pouvez-vous revenir sur votre parcours politique et professionnel ?

Florence Brutus : J’ai dès ma jeunesse été intéressée par la politique. Ma famille était de droite mais étudiante j’étais très à gauche.

Mon engagement est plus tardif. En 2008 lors des cantonales, Roger Toulza cherchait une suppléante. Par des connaissances communes, je fais sa connaissance et j’accepte sa proposition. C’était un très bon souvenir puisque nous obtenions 6%, un joli score pour le parti radical de gauche. En 2010, je soutiens la liste de Georges Frêche pour les élections régionales et je suis élue conseillère régionale. Puis lors des législatives de juin 2012, je tente ma chance sur la sixième circonscription pour défendre les valeurs du PRG. Au second tour j’appelle à voter pour la candidate socialiste Dolorès Roqué. En 2015, je participe à la campagne des régionales sur la liste de Carole Delga qui est élue. Et puis à la faveur de la loi sur le nom cumul, Sylvia Pinel doit démissionner de ses fonctions de vice présidente en charge de l’aménagement et j’ai l’honneur de la remplacer. Je suis parfaitement en phase avec les valeurs du parti radical de gauche : la solidarité, la laïcité, la liberté d’entreprendre.

Que pensez-vous de la fusion entre les radicaux de gauche et les radicaux valoisiens ?

C’est un remariage. Jusqu’en 1973 nous étions ensemble. Puis, l’aile gauche du parti radical rejoint l’union de la gauche tandis que l’aile droite refuse. En 2017, l’élection de Macron bouleverse les clivages politiques. C’est ainsi que les dirigeants des deux partis ont décidé de se rapprocher. Néanmoins, cette fusion n’a pas trop bien marché et une séparation a été annoncée récemment. Les radicaux valoisiens ont décidé de rejoindre En Marche pour les européennes. Au PRG, nous refusons cette voie. Nous avons des points de convergence avec Macron mais aussi des divergences. Sa politique économique reste trop libérale et tournée vers la finance.

Que pensez-vous de la politique municipale actuelle ?

C’est vrai que le centre ville est plus propre et plus sûr. Ménard profite des programmes de rénovation de l’agglo et de la municipalité précédente. Au niveau développement économique, c’est plus compliqué. Les quartiers périphériques semblent délaissés et le taux de chômage de la ville ne baisse pas.

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