Connaître l’extrême-droite pour mieux la combattre

Une formation intersyndicale organisée par Visa 34 à Béziers

 VISA 34, structure départementale intersyndicale et citoyenne recense, analyse et dénonce les attaques de l’extrême-droite sur le terrain social. Elle a organisé les 26 et 27 janvier 2019  deux journées de formation et d’échanges sur le programme et les actions de l’extrême-droite avec des éclairages apportés par des spécialistes et des témoignages associatifs et syndicaux.

30 à 40 personnes venant de Béziers mais aussi de Sète et de Montpellier ont participé à cette 1ère formation.

Historique de l’extrême-droite et sa stratégie, les extrêmes-droites en France et en Europe, la gestion municipale par l’extrême-droite ont été les thèmes développés pendant ces 2 journées.

Ugo Palheta, sociologue et maître de conférences à l’Université Lille 3, auteur de « la possibilité du fascisme » et Hacène Belmessous , auteur de « les laboratoires de la haine, la face cachée du frontisme municipal » : enquête sur Mantes la ville et Beaucaire (villes RN) ont apporté leur éclairage.

Ugo Palheta  a développé les conditions, passées, présentes et futures de l’émergence d’un courant fasciste de masse, voire d’un pouvoir fasciste, considéré non comme une hypothèse mais comme une possibilité.

Hacène Belmessous  a montré » comment le frontisme municipal agit méthodiquement, sûr de sa force politique et de sa pleine capacité à maltraiter impunément tous ceux qu’il cible, de fait, comme nuisibles : les arabes, les musulmans, les partisans de la politique de la ville, les militants du social, les journalistes scrupuleux, les défenseurs du vivre-ensemble, etc…

Les chiffres des comptes administratifs de la ville de Béziers ont illustrés les propos.

Notamment les charges de personnel de la police municipale sont passées de 2 135 983 euros en 2013 à 5 218 580 euros en 2016. Soit une progression de 144 % en 3 ans !

En 2014, ces charges de personnel ne pesaient que 2,35 % du total des dépenses réelles de fonctionnement. Elles ont plus que doublé en 2 ans puisqu’elles atteignent les 5,29 % en 2016 ! Rapportées à l’habitant les charges de personnel de la police municipale sont à 68 euros / habitant en 2016. Elles étaient de 33 euros / habitant en 2014. L’augmentation est là aussi de 131 % en 2 ans !

Dotée de 41 postes en 2013, la police municipale avait 87 postes en 2016. Soit une augmentation de plus de 100 % ! A cela il faut ajouter les 50 ASVP (agent de surveillance de la voie publique). Ainsi, ils sont 137 à porter une tenue dans Béziers (ils n’étaient que 18 en 2014). Pour résumer, Béziers a 1 policier municipal pour 850 habitants, alors que Montpellier a 1 policier municipal pour 1550 habitants…

Dans la même période, tous les autres services de la ville ont vu leurs effectifs diminuer : le service administratif a perdu 115 postes, le service technique a perdu 101 postes et le service social 35 postes !

C’est là en effet une des constantes qui se retrouve dans les différentes villes de plus de 10 000 habitants gérées par la droite extrême et l’extrême-droite : d’un côté, augmenter le budget consacré à la police et à la sécurité et de l’autre réduire les budgets affectés au personnel, à la culture, aux investissements, à la vie sociale en supprimant les subventions à certaines associations. En bref, reprenant Béziers comme cas, cela se traduit notamment par 150 suppressions de postes sur 1600, le remplacement de cadres par des contractuels, un budget de la culture qui passe de 6 700 000 en 2014 à 5 700 000 en 2016, la suppression de subventions aux associations comme l’ABCR ou Arc-en-ciel reconnues pour ne pas aller dans le sens de la préférence nationale mais du vivre ensemble…

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