Bastien Ballesta : Respect !

Bastien Ballesta est souvent présenté comme le boxeur professionnel le plus prestigieux et le plus prometteur de sa génération dans sa catégorie en boxe anglaise.

Et pourtant, c’est à un jeune homme de 24 ans rempli d’humilité que nous faisons face en cette fraîche matinée de février.

Bastien Ballesta est né à Béziers. Il a grandi à Boujan, « j’ai passé toute ma jeunesse là bas, puis j’ai été au lycée à Béziers. Toute mon enfance est dans le Biterrois, j’aime ce territoire, j’aime ma ville, je peux pas l’expliquer, j’y suis bien, j’aime être ici, j’ai mes repères. »

Chez les Ballesta, la boxe est une histoire de famille : l’oncle était boxeur en Algérie, le père boxeur professionnel à Béziers et le grand-père entraîneur.

« Mon père ne m’a jamais imposé la boxe, sa seule demande était lorsque j’étais enfant que je fasse du sport et que je travaille ». Deux valeurs auxquelles Bastien est fidèle.  « J’ai fait de la natation, du football, du rugby, j’ai touché un peu à tous les sports, puis un jour, quand j’avais 15 ans, ça m’est venu naturellement, je lui ai annoncé que je voulais me mettre à la boxe ».

Un sportif modèle

Il a donc commencé la boxe par plaisir puis y a pris goût et a voulu réussir. « J’ai commencé à faire une compétition, puis deux, des championnats, j’ai été sélectionné en équipe de France et à 20 ans, j’ai décidé de passer professionnel après 35 combats en amateur. J’ai 24 ans aujourd’hui. »

Mon père m’a laissé faire, le milieu de la boxe est un milieu difficile qui demande des sacrifices et des exigences. Il ne voulait pas ça forcément pour moi, car il y a un prix à payer. » Et Bastien en paye le prix : en préparation de combat comme en ce moment, il se lève le matin à 5h15 pour partir travailler à 6h, enchaîne sur l’entraînement, une courte sieste et nouvel entraînement pour se coucher aux alentours de 21H30. « Je ne peux pas me permettre de sortir, de faire des écarts de poids, j’ai un régime strict et le week-end, j’ai juste envie de rester à la maison. »

Ce jeune boxeur d’une maturité exemplaire ne s’octroie aucun temps libre. Il ne bénéficie d’aucun aménagement professionnel spécifique comme cela peut être le cas pour d’autres sportifs : ses vacances sont consacrées intégralement à ses entrainements. « Quand je dois partir en préparation un mois sur Paris pour être prêt, c’est un peu dur mais c’est un mal pour un bien, je me mets dans de bonnes conditions pour m’entrainer et être prêt le jour J. »

Sur un ring, tu ne peux pas faire semblant

Pour un jeune qui voudrait commencer la boxe, Bastien Ballesta rappelle que c’est « un très beau sport mais il faut être sur de s’investir à 100%. « On ne peut pas jouer, faire semblant : sur le ring, t’es seul, si t’es pas prêt, tu vas passer un sale quart d’heure. On ne peut pas être approximatif. Des boxeurs subissent des traumatises graves alors qu’ils sont prêts. On joue au foot, on joue au rugby, mais on ne joue pas à la boxe. »

Alors, avant un combat, Bastien prépare son mental : « On pense au combat tous les jours, je m’entraine dans ce but, je ne pense qu’à ça :  je me lève, je pense boxe, je me couche, j’y pense, je ne suis concentré que sur ça et tout d’un coup tu te retrouves dans les vestiaires et là c’est l’heure de monter sur le ring. »

Bastien, c’est aussi le boxeur qui tend la main à son adversaire à terre avant même que l’arbitre n’ait esquissé le geste de la victoire. Ce respect primordial de l’adversaire est d’ailleurs ce qui le caractérise. « Tout dépend comment on appréhende le combat. Moi j’ai un adversaire le temps du combat et je le respecte mais ça reste un sport. Mon état d’esprit reste de gagner mais ça ne se fait pas sans le respect. »

Pour le jeune prodige, rien n’est jamais acquis. 18 combats, 17 victoires et un match nul en 3 ans et demi. Classé numéro un français dans sa catégorie, il sera fixé fin février pour le Championnat de France et prépare son prochain combat, qui aura lieu le 16 mars 2019 au Palais des sports de Toulouse*. « Je m’entraîne avec mon père à Esprit Boxe à Maraussan, mon club ici, puis je pars à Paris. C’est le meilleur club de France avec d’excellents entraîneurs. Ils forment des champions ».

Dis Bastien, et si le secret de tes victoires tenait en tes maîtres-mots : travail, humilité et respect ? Nous, nous allons continuer à suivre ton aventure, champion !

*retransmis à la télévision

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