Municipales de Béziers : les partis s’activent !

A un peu plus d’un an des élections municipales de 2020, la ville de Béziers commence à bouger. D’abord de manière invisible, mais bientôt au su et au vu de tous, les forces politiques vont se mettre en ordre de marche, tenter de se faire entendre, de convaincre les Biterrois pour faire bouger les lignes et organiser, en leur nom, la vie de la cité. Ces forces, elles sont nombreuses. L’Agora du Biterrois est allée à leur rencontre pour vous les présenter. Voici la première partie de ce petit tour d’horizon des partis et des forces en présence.

Avec  Nicolas Cossange, 33 ans , le PC biterrois espère le renouveau

Âgé de 33 ans, Nicolas Cossange représente le nouveau visage du Parti communiste français sur Béziers. Il incarne l’émergence d’une nouvelle génération au sein du parti dominé par les personnalités fortes de Paul Barbazange et d’Aimé Couquet. Candidat aux élections cantonales de 2008 sur le canton de Béziers II pour la première fois, il est élu conseiller régional après la victoire de Carole Delga en 2015.

Agora du Biterrois : A quel moment et pourquoi vous êtes-vous engagé au PCF ?

Nicolas Cossange : Deux événements politiques m’ont marqué. Premièrement l’accession de Jean Marie le Pen au second tour de la présidentielle le 21 avril 2002 puis la victoire du Non au référendum sur la constitution européenne en mai 2005. Etudiant, je me suis engagé à l’Unef et j’ai adhéré au PCF en 2007 à 21 ans. J’ai été candidat aux élections cantonales de 2008 sur l’ancien canton de Béziers II. Puis en 2015 sur le nouveau canton de Béziers II regroupant le centre-ville et les communes de Corneilhan et Lignan. Aux régionales de décembre 2015, j’ai été élu conseiller régional sur une liste d’union de la gauche menée par la socialiste Carole Delga. Je suis également secrétaire départemental du PCF depuis 2016.

Quelle sera la stratégie du PC aux prochaines élections municipales ? Allez-vous jouer la carte du rassemblement ?

Il faut d’abord penser à défendre notre projet, nos convictions. La stratégie d’union face à l’extrême droite ne permet pas de la faire reculer. Robert Ménard pourrait dire que le système se coalise contre lui.

Dans un contexte de crise des partis politiques, comment se porte le PC biterrois. Avez-vous senti un regain d’adhésion depuis 2014 ?

C’est un ensemble. Il y a eu les mobilisations contre la loi travail en 2016 et aujourd’hui le mouvement des gilets jaunes. Nous avons quatre sections sur le Biterrois, et celle de Béziers ville compte plus d’une centaine d’adhérents.

Que pensez-vous de la politique municipale actuelle ?

La politique du maire est faite de coups d’éclats mais peu de choses concrètes ont été réalisées. Elle n’a rien à envier aux politiques libérales d’Emmanuel Macron. Le personnel municipal a été considérablement réduit sauf pour la police. De nombreux quartiers à l’extérieur du centre-ville sont oubliés. Et il faut ajouter à cela une stigmatisation des immigrés et des pauvres.

Pour le PC, un autre courant biterrois est représenté par la section de Murviel les Béziers.

Elle regroupe environ 100 militants. Elle est animée par Jacqueline Nagol,Gérard Guérin, Laurent Gast et Colette Rumeau. Cette dernière, figure du PC biterrois, adjointe sous Alain Barrau (maire de Béziers de 89 à 95), plusieurs fois suppléante du conseiller général Guy Bousquet, est engagée au PCF depuis les années 1970. Elle critique avec ses camarades la politique ultra-sécuritaire du maire de Béziers, dénonce l’augmentation démesurée des effectifs de la police municipale qui contraste avec l’austérité des autres services municipaux. Et se rappelle les priorités des municipalités Paul Balmigère (PCF) puis Alain Barrau (PS) dans le domaine notamment des politiques sociales et de santé.

 

 

Le Modem se veut l’élément d’appoint qui pourrait faire la différence

Jean-Charles Olivan, 60 ans, professeur d’architecture et construction à Jean Moulin, est vice-président du Modem dans l’Hérault, en charge de l’Ouest Hérault et particulièrement du Biterrois.

Agora du Biterrois : Pouvez-vous nous raconter le parcours qui vous a mené au Modem ?

Jean-Charles Olivan : Après des années passées en Afrique comme coopérant, je suis revenu à Béziers en 1996, peu après l’élection de Raymond Couderc.  J’ai suivi avec enthousiasme la magnifique campagne de François Bayrou lors de l’élection présidentielle de 2007 où il avait obtenu 19% des suffrages. J’ai adhéré à ce moment là. Nous avons essayé de nous installer dans le paysage politique biterrois. Guilhem Johanin avait porté nos couleurs lors des élections municipales de 2008 et nous avons présenté des candidats aux cantonales. Je me souviens de cette époque là, les gens avaient un réel espoir de changer les choses.

Quelle sera la stratégie du Modem pour les municipales de 2020 ? Allez-vous jouer la carte du rassemblement ?

Nous avons toujours joué la carte du rassemblement. Avec François Perniola, nous étions sur la liste d’Elie Aboud et d’Agnès Jullian aux dernières municipales. Nous avions plaidé pour une alliance avec les socialistes pour empêcher Robert Ménard de l’emporter. Malheureusement, elle ne s’est pas réalisée. C’est dommage car Béziers a énormément de potentiel. Je crois en Béziers. Cette ville a une situation géographique privilégiée. Le problème c’est que de nombreux jeunes s’en vont et ils reviennent rarement. Et ceux qui veulent rester ne choisissent pas la formation de leur choix. Pour faire venir les cadres ou garder nos talents, il faut développer les formations universitaires et faire de Béziers une ville ouverte sur le monde.

En ces temps de défiance vis-à-vis des partis politiques, pensez-vous qu’ils aient encore un rôle à jouer ? Comment voyez-vous l’avenir du Modem dans le Biterrois depuis l’émergence d’En Marche ?

Les partis politiques sont indispensables et nécessaires dans une démocratie représentative malgré tout ce que l’on raconte. Concernant En Marche, la double appartenance est possible et les relations sont bonnes. Béziers est historiquement une terre centriste, le Modem sera l’élément d’appoint qui pourra faire la différence.

Debout la France veut exister sur le Biterrois

André Jacques, 65 ans, engagé depuis 2009 auprès de Nicolas Dupont Aignan, a été secrétaire départemental de la fédération de Moselle. Il est devenu depuis l’automne 2018 délégué de Debout la France sur le Biterrois.

Agora du Biterrois : Pourquoi avoir adhéré à ce mouvement pourtant très peu connu à l’époque ?

André Jacques : Je suis plutôt gaulliste à la base mais en 2009 j’étais un peu dégoûté de la politique. Aucun homme politique ne trouvait grâce à mes yeux surtout depuis l’adoption du traité de Lisbonne par le parlement, violant ainsi le résultat du référendum de 2005. Puis j’ai écouté un discours de Nicolas Dupont Aignan qui m’a beaucoup enthousiasmé. Je l’ai rencontré lors d’une réunion de son parti Debout la République en 2009 et le courant est tout de suite passé entre nous. C’est un homme politique très courageux, qui a su dire non. Il est toujours du côté du peuple.

Pourquoi avoir choisi Béziers pour poursuivre votre engagement avec DLF ? Quelles sont les perspectives de DLF sur le Biterrois ?

Je suis arrivé à Vendres en 2014 à la suite d’une séparation. Et depuis je me suis investi dans la politique locale. J’ai été candidat aux législatives 2017 dans la deuxième circonscription de l’Aude. Aujourd’hui, Debout la France compte une quarantaine d’adhérents sur le Biterrois, chiffre en progression. Mon objectif est de construire une structure importante sur Béziers. Je veux donner de la visibilité à DLF sur ce territoire. C’est un parti qui doit séduire les gens qui ne savent plus où ils en sont politiquement. Je revendique l’indépendance de notre mouvement y compris par rapport au maire de Béziers. Des alliances se feront peut être mais l’indépendance et la singularité de notre mouvement devra être respectée.

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