MATHILDE BOULACHIN entrepreneuse du biterrois partage son retour du G20

Le 20 et 21 septembre dernier se déroulait en Argentine, à Buenos Aires, le G20YEA (Young Entrepreneurs’ Alliance) où se retrouvent des délégations de jeunes entrepreneurs du monde entier, pour un moment d’échanges et de débats. Cette rencontre a abouti à des recommandations qui seront proposées lors du Sommet politique du G20, le 30 novembre et et 1er décembre prochain.

Au milieu de la délégation française se trouvait Mathilde Boulachin, entrepreneuse Biterroise, qui gère une société spécialisée dans le vin : la société Pierre Chavin.

Originaire de Champagne-Ardenne, cette « Self-Made woman », exporte du vin à travers le monde entier. « 80 % du chiffre d’affaires concerne l’international ».

Son parcours ? Celui d’une femme entreprenante, qui a construit sa carrière autour de la communication, le commerce international, et plusieurs spécifications dans le domaine vinicole qui était dès son plus jeune âge, un domaine de prédilection.

« J’ai grandi, dans le monde vinicole, puis j’ai eu la chance de voyager, ce qui m’a donné goût à cette vision de l’internationale. Et ce que j’ai toujours aimé, et que l’on peut considérer comme un dénominateur commun à tout cela, c’est ce côté épicurien que l’on retrouve beaucoup dans le domaine vinicole, savoir apprécier les choses simples de la vie. »

Mathilde donne cette impression que laisse les gens qui voient le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Nous pourrions même pousser le bouchon et dire qu’elle serait plutôt à proposer une solution pour que le verre  se remplisse et pourquoi pas le partager derrière.

« Dans notre société, nous recrutons pour des compétences certes, mais aussi et surtout, pour une personnalité. Nous recherchons essentiellement des personnes qui ont une vision positive, que ce soit en général dans la vie, ou face à une difficulté. Trouver une solution plutôt que rester sur le constat d’un problème».

À la question pourquoi la délégation CITIZEN ENTREPRENEURS l’a choisi pour le G20YEA elle répond : « 33 entrepreneurs français étaient présents cette année. Je représentais certainement certaines caractéristiques favorables à ma présence pour représenter la France. Une diversité géographique d’abord, n’étant pas basé à Paris ou une autre grande métropole. Une forme de parité homme/femme également… et puis l’image d’une entreprise française performante à l’international.»

Nous lui avons posé une question simple : Quelles ont été les conclusions de ce G20YEA ?

« 3 axes importants sont ressortis. L’éducation, la fiscalité et faciliter l’accès à l’entreprenariat. »

Tout d’abord l’éducation

En effet, Mathilde évoque la relation entre l’éducation et les entreprises qui doit se développer pour une proximité accrue. Mais également développer une culture entrepreneuriale innovante au sein de l’école, favoriser l’approche d’étude par projet, et l’intervention de professionnels au sein de l’éducation nationale.

Un sujet complexe et délicat, car, il est vrai que ces aspects sont à valoriser, mais ils entraînent la question du risque d’inégalité des chances si la tournure prend une forme de privatisation des études.

La délégation rapporte sur ce sujet une recommandation pour une refonte du système éducatif traditionnel afin de (citation du rapport G20YEA) « combler le déficit croissant de compétences et de connaissances, et favoriser la mobilité sociale et l’accès aux opportunités pour tous. »

« Il faut favoriser l’apprentissage, les formations professionnelles, les stages . En tant qu’entrepreneuse encore aujourd’hui, j’apprends. J’apprends de mes erreurs, de mes expériences, la vie est un éternel apprentissage. Il faut pouvoir donner une vision aux jeunes qu’entreprendre passe par l’acte et la pratique. Mais aussi que l’échec n’est pas une mauvaise chose. La réussite est bien souvent, la somme d’une succession d’échecs . Cette vision de la vie doit être transmise je pense, à l’école tout comme les mathématiques ou le français. » précise Mathilde.

La Fiscalité

« Nous avons demandé à ce que les gouvernements du G20 adoptent des mesures fiscales favorables et simplifiées, afin d’encourager à la création d’entreprises, ce qui est un moteur de croissance. Ce n’est plus possible de voir une érosion de la fiscalité au profit des multinationales. La fiscalité doit être équitable et aller dans le bon sens. »

En ce sens, la recommandation proposée au G20YEA, est d’introduire des seuils basés sur le chiffre d’affaires pour la fiscalité indirecte des entrepreneurs et des PME, de simplifier et numériser le processus de conformité fiscale, et de mettre en œuvre une fiscalité prenant en compte la rémunération basée sur les actions.

Mathilde énonce également la notion de RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise ), qui peut être définit comme un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ; ou autrement dit, le développement durable tout simplement.

« Avec notre société Pierre-Chavin, nous sommes dans cette orientation là. Une notion de respect sur toute le processus de notre développement jusqu’au consommateur, mais aussi nos collaborateurs et fournisseurs. Chez nous le système hiérarchique tend vers une hiérarchie horizontale. Le développement durable en entreprise passe par une façon d’être pour commencer, la façon de communiquer avec l’autre.»

Dernier point du G20  la mobilité internationale

En ce sens, le G20YEA propose de simplifier dans notre monde mondialisé, la mobilité des créateurs d’emplois que sont les entrepreneurs. Cela passe par un changement d’attribution de visas. Un programme de visas « jeune entrepreneurs » afin de fournir des visas à entrées multiples en simplifiant les démarches administratives.

« Le monde de demain et celui d’aujourd’hui va très vite. Il est nécessaire de s’adapter continuellement. La mobilité est un facteur essentiel de développement pour un entrepreneur » confirme Mathilde.

L’ensemble de ces sujets pourraient être développés sur plusieurs pages, nous remercions Mathilde Boulachin pour son témoignage de ce G20 des jeunes entrepreneurs, et nous vous  invitons à découvrir la douceur des vins Pierre-Chavin entre amis afin de refaire le monde vous aussi.

Charles PERNET

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