L’enseignement supérieur : un atout pour la ville

Dans notre dernier numéro daté du 24 octobre, Tayeb exprimait dans le courrier des lecteurs un point de vue pertinent : « la vie d’une ville c’est avant tout une population jeune, ce qui veut dire faire tout pour rendre attractive la ville ». Tayeb a parfaitement raison : il ne sert à rien de rester dans l’entre-soi et de se faire plaisir en se rappelant ce qu’était la ville il y a cent ans. Il faut donner envie aux entreprises, aux étudiants, aux jeunes en formation, aux cadres dynamiques, de venir s’installer à Béziers. Formation et culture jouent un rôle déterminant, plus que les plateaux télé.

 L’histoire universitaire de Béziers remonte à la municipalité Barrau. Nous sommes au début des années 90 et le gouvernement de l’époque se montre favorable à une décentralisation universitaire dans les villes moyennes. Il s’agit du plan Université 2000. Comme toujours en pareil cas, il n’est pas possible de satisfaire toutes les demandes et il faut donc prendre des décisions très urgentes si l’on veut être retenu. C’est ce que fait la municipalité Barrau en proposant un terrain immédiatement constructible au quai Port-Neuf dans le périmètre de la ZAC du même nom et en facilitant la construction du bâtiment qui abritera ensuite le futur institut universitaire de technologie (IUT), et ses deux classes de BTS. C’était un début mais insuffisant car malgré cela, aucune université n’avait délocalisé de formations à Béziers.

 Ce constat fait par la municipalité Couderc en 1995 la conduit à négocier avec l‘université Montpellier 3 l’ouverture d’une annexe, installée provisoirement à la maison de la vie associative, anciennement  bâtiment des pauvrettes. La municipalité de l’époque poursuit assidûment un véritable projet de développement universitaire en estimant qu’un pôle universitaire digne de ce nom doit être implanté en centre-ville afin de contribuer à son animation. Simultanément, le centre mobilisateur de l’armée de terre du champ de mars devait fermer du fait de la suppression du service militaire et la municipalité Couderc dès le début 1996 négocia âprement avec le Ministère de la Défense pour obtenir la cession gratuite des 5,7 hectares du centre mobilisateur à condition que n’y soient pas construits des projets immobiliers ou commerciaux. Un accord avec le conseil régional de Jacques Blanc permet de faire financer le bâtiment par la Région. Grâce à ces combats difficiles, la phase de réalisation peut commencer et la municipalité lance un concours d’architectes afin de transformer harmonieusement une friche urbaine en quartier étudiant dédié à la culture et à l’enseignement supérieur.

Par la suite, l’IUT se trouve à l’étroit dans ses locaux du Port-Neuf et la perspective d’un troisième, voire d’un quatrième, département se profile. Le conseil d’agglomération décide alors de construire un nouveau bâtiment au champ de mars afin de parachever l’aménagement de ce quartier qui comprend maintenant, rappelons-le, une université, un IUT, une résidence universitaire et un restaurant universitaire que le CROUS (centre régional des œuvres universitaires) a accepté de gérer. Si l’on ajoute l’implantation du CIRDOC (centre inter-régional de documentation occitane) par la Région et la médiathèque André Malraux par la communauté d’agglomération, il y a là, et en plein centre-ville, un pôle intellectuel d’excellence qui a permis d’une part de rendre plus accessibles les études supérieures à de jeunes biterrois pleins de potentiel mais parfois empêchés financièrement, et d’autre part d’attirer des non-biterrois grâce à la qualité des formations dispensées. De 350 étudiants en 1994, la ville en compte désormais près de 4 000.

Oui, Tayeb a raison : l’avenir d’une ville se joue énormément sur sa population jeune à qui il faut apporter les formations et les emplois dont elle a besoin. Cela ne s’improvise pas. Cela s’anticipe et nécessite  non pas de faire des coups mais de mettre en place des collaborations confiantes et suivies avec tous les partenaires dont les compétences sont l’économie, l’emploi, la formation et l’éducation.

Marivo

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