Hérault Underground : Olivier Mas, Blues Biterrois

Des « jams » blues dans le désert du Maroc au bayou de New Orleans. Des concerts dans toutes les salles et fiestas de la région aux festivals Blues en Suisse et en  Allemagne. Une page ne suffit pas pour raconter la vie musicale du guitariste chanteur du Jersey Julie Band. Mais un seul concert du duo qu’il forme avec Julie, sa compagne américaine au saxo, suffit à faire comprendre la passion et la talent qui anime le bonhomme. En live ils sont irrésistibles et font danser tous les gens qui se trouvent sur leur route. Un très beau chemin qu’ils continuent de tracer, et qu’Olivier résume ici :

INTERVIEW
« Le batteur a changé ses baguettes pour une matraque »

L’Agora du Biterrois : Souvent, la passion de la musique nait durant l’adolescence, est-ce le cas pour toi ?

Olivier Mas : Oui, vers l’âge de 12 ans à Béziers j’écoutais Cocktail Vinyl sur Radio Peinard. J’enregistrais les artistes que je préférais : Dire Straits, Rolling Stones, Clapton… Et j’y ai découvert Santana, que j’ai vu en concert à 16 ans. Deux mois plus tard, mon grand-père m’avait donné un billet pour avoir coupé et rangé du bois. Je suis allé directement à la galerie marchande de Mammouth, l’ancien Auchan, et j’en suis ressorti avec ma première guitare.

A quelle période commences-tu les concerts ?

L’année d’après. Je rentre au lycée en internat à Nîmes et je m’achète une guitare électrique pour former mon premier groupe de Punk : No Fun. On reprenait OTH, Parabelum, MC5 et les Stooges entre autres, et on jouait aussi nos chansons principalement en Français. On a fait une paire de concerts mais rien de bien convainquant. On était assez mauvais même… Avec un batteur qui aujourd’hui aurait changé ses baguettes pour une matraque… il serait CRS… Un changement de route plutôt radical…

« Des héros avant d’être des amis »

Tu apprends la musique en groupe avec le punk, mais tu as déjà le Blues dans la tête ?

J’ai joué mon premier titre de Blues avec ce groupe : Motor City’s Burning, de MC5. C’est un Blues de John Lee Hooker en fait. Ils étaient de la même ville, Detroit, Motor City. Ce morceau, il m’arrive encore de le jouer parfois…

Comme j’écoutais toujours Santana, Hendrix, Cream, the Doors entre autres, j’avais toujours un contact avec le Blues… J’ai voulu en intégrer aux compositions du groupe mais ça ne marchait pas vraiment… Puis j’ai vu des artistes locaux comme Jeff and Co et Orange Blues, qui sont devenus des amis depuis. Mais c’était les premiers que je voyais faire cette musique que j’aimais et que je commençais à jouer. Il le faisait super bien en plus. C’étaient des héros pour moi avant même leur avoir adressé la parole ! Enfin, j’ai reçu un électro choc devant les Fly and the Tox en concert, c’était incroyable ce que ces mecs dégageaient. Peu après, on a monté un groupe de reprises, Blues, Classic Rock, Blues Rock et Rythm and Blues. J’étais lancé…

Tu as rencontré Julie grâce à la musique ?

Je jouais avec un saxophoniste chez un ami restaurateur du Cap d’Agde. Julie était en vacances. Dès le deuxième morceau, elle est venue se joindre à nous au chant, puis au saxo. On s’est vraiment connus en jouant pour ainsi dire. Un vrai coup de foudre musical… On s’est mis à travailler ensemble assez vite, dans toutes sortes de situations et différents line-up…

Vous êtes allés en studio ?

On a sorti un disque en trio avec un contrebassiste, pour une moitié de compositions originales. Un deuxième sort bientôt, avec des chansons originales écrites par Julie et moi-même… On a enregistré en quintet, formation avec laquelle on tournait il y a un an environ.

Vous tournez partout en France et en Europe, est-ce envisageable aux Etats-Unis ? Quelle est la situation là-bas ?

C’est un pays qui fait aussi peur que ce qu’il fascine…

Le truc principal pour moi quand je vais aux USA, c’est la musique qui a été créé là-bas et son évolution.

Cette musique fait partie de leur histoire, c’est ce que j’aime le plus aux US. Tu peux rencontrer plein de gens qui véhiculent cette culture, qui est présente dans leur quotidien. C’est un grand plaisir de pouvoir y jouer. Mais y organiser des tournées rentables est très compliqué. Beaucoup de gens dédient leur vie au blues et à la musique en général sans quand cela ne les fasse vivre. Des gens très talentueux. Les conditions sont très difficiles, elles sont bien meilleures en Europe. Ils ne connaissent pas l’intermittence du spectacle par exemple… Les grands bluesmen doivent jouer tous les jours aux Etats-Unis pour gagner leur vie avec ça.

Piero Berini

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