CCI : du rififi à tous les étages !

Le jeudi 15 décembre 2016 a vu la création de la CCI départementale de l’Hérault. C’en était fini des CCI « historiques » de Montpellier, Sète…et Béziers ! Créée en 1903 et située dans ses locaux emblématiques du 26 allées Paul Riquet, la CCI de Béziers a été intégrée dans cette entité plus vaste, fruit de la réforme dite de « départementalisation », non sans réticences de la part des biterrois !

Le dernier président de la CCI de Béziers évoquait dans son ultime discours ses craintes de voir disparaître ce qui avait été construit « à l’Ouest » par lui et ses prédécesseurs, dont Marc Tressol qui avait su insuffler du renouveau à l’institution biterroise.

A l’époque, le nouveau président de la CCI de l’Hérault, le montpelliérain André Deljarry, se voulait rassurant : « Avec cette CCI départementale, qui conserve son inestimable ancrage territorial en maintenant les délégations de Béziers et Sète, nous disposons d’un outil qui va nous permettre bâtir de belles choses ensemble, aux côtés des collectivités et de l’Etat ».

Tout semblait s’annoncer sous les meilleurs auspices avec la désignation d’un 1er Vice-Président issu du biterrois, en l’occurrence le capestanais Guillaume Abello, l’installation de délégations biterroises et sétoises, dirigées respectivement par Matthieu Ourliac et Florent Tarbouriech…

Las ! La lune de miel entre l’Est et l’Ouest ne devait pas durer ! Moins de deux ans après la création de la CCI départementale, onze élus ont annoncé leur démission le 9 avril 2018, dont Guillaume Abello, Matthieu Ourliac et Florent Tarbouriech. En cause, la remise en cause unilatérale par le président des délégations de Béziers et Sète, transformées en « établissements ». Cette transformation va dispenser la CCI 34 d’affecter des budgets dédiés à Béziers et Sète. D’où les craintes des élus démissionnaires de voir les moyens et les missions de ces entités décliner, voire disparaître avec des répercussions négatives sur l’accompagnement du tissu économique. Et de douter du plan d’investissement de 3 M€ sur le Parc des Expositions !

Le président Deljarry justifie son choix par les contraintes budgétaires imposées par l’Etat. Il rappelle que la dotation budgétaire de l’État est passée de 17 M€ en 2011 à 8 M€ en 2017, avec notamment une coupe de 2,6 M€ sur le dernier budget. « Avec 2,6 M€ en moins, je ne sais pas comment garder l’intégralité de nos délégations, de nos personnels et de nos actions : c’est infaisable. Il y aura des coupes sombres à faire partout, et notamment un plan social qui sera présenté à la prochaine AG de fin juin », explique-t-il.

Dans ce contexte, les récentes annonces du Ministre de l’Economie Bruno Lemaire ne peuvent qu’inquiéter. Ce dernier a récemment levé le voile sur les contours de la future réforme des CCI. Elle a pour objectif de réaliser 400 millions d’euros d’économies supplémentaires sur quatre ans. Elle devrait impliquer une réduction des missions des chambres consulaires, une réorganisation dans les territoires et une vaste restructuration dans les effectifs…

La CCI Hérault, pour qui cela équivaut à une baisse de 50 % de son budget en 6 ans, s’associe à la grogne qui monte au sein des chambres aux quatre coins du pays, en relayant sur son site internet (http://herault.cci.fr/ ) le manifeste « Je soutiens l’action des CCI ».

Alors que le biterrois est un territoire déjà sinistré en matière d’emploi, alors que les entreprises ont besoin d’un accompagnement de proximité, les difficultés semblent s’amonceler sur la CCI de l’Hérault et en particulier sur sa représentation biterroise !

VL

LA SAGA DU SIEGE

Propriété de la CCI de Béziers, le siège historique du 26 allées Paul Riquet avait été vendu à la Ville de Béziers en décembre 2015 pour 1 450 000 €, histoire de renflouer les caisses de l’institution…

Désormais locataire de l’hôtel consulaire moyennant un loyer annuel de 45 000 €, la CCI devra quitter les lieux. La solution était en effet transitoire, avec une échéance fixée à septembre 2018. D’autant plus que la Ville a décidé en juillet 2018 de séparer du bâtiment, au profit du groupe boujanais OMLB (Olivier Marty et Laurence Blayac) !

Le président Deljarry avait confié alors à Guillaume Abello et Matthieu Ourliac une réflexion visant à trouver des solutions pour maintenir durablement une présence de la CCI en cœur de ville. Depuis, les deux élus consulaires biterrois ont rendu leur tablier ! Autant dire que la présence de la CCI au centre de Béziers a du plomb dans l’aile…

D’autant que la volonté affirmée du Président tend à s’étioler : « Nous allons essayer de conserver une représentation en centre-ville. » dit-il désormais…Ce qui se dessine, c’est le rapatriement des services, avec sa trentaine de salariés, dans l’école hôtelière Sud Formation, située à proximité du Parc des Expositions…pas vraiment en centre-ville, donc !

Au grand dam de la fédération “Priorité centre-ville” et de sa président Danielle Bresson : « Comment conseiller aux entreprises de s’implanter en centre-ville si la CCI ne donne pas l’exemple ? »

LES CCI EN FRANCE

Héritières des « bureaux du commerce », dont le premier fut créé en 1599 à Marseille et approuvé par lettres patentes du roi Henri IV l’année suivante, les Chambres de Commerce et d’Industrie sont des organismes chargés de représenter les intérêts des entreprises commerciales, industrielles et de services d’une zone géographique et de leur apporter certains services.

Ce sont des établissements publics, dénommés par le législateur « établissements publics économiques », qui peuvent, en outre, gérer des équipements au profit de ces entreprises (parcs des expositions, aéroports…). Leur organisation actuelle a été fixée par la loi du 9 avril 1898 plusieurs fois modifiée et en dernier lieu codifiée au livre VII du code de commerce.

Depuis 1964, les chambres de commerce et d’industrie sont organisées au sein d’un réseau national baptisé « Chambre de commerce et d’industrie de France ».

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