Vendres : L’incertitude règne autour du domaine de Castelnau

L’annonce de la mise en vente d’une partie du domaine de Castelnau a créé un véritable émoi à Vendres. Si ce domaine est si cher au cœur des Vendrois, c’est qu’il occupe le site de l’ancien château dont on peut voir encore quelques vestiges (une tour et des éléments de fortifications). Mais au-delà de son intérêt historique, le domaine de Castelnau offre surtout une vue imprenable sur le merveilleux étang de Vendres, un site naturel d’une beauté sauvage vraiment unique.

Deux projets diamétralement opposés

C’est en 2017 que le Conservatoire du Littoral devient acquéreur pour un montant de 4 millions d’euros de l’ensemble du domaine comprenant 390 hectares en zone humide, diverses bâtisses et de près de 60 hectares de terres agricoles. Si la mission du Conservatoire réside principalement comme son nom l’indique dans la sauvegarde du patrimoine naturel, il n’est nullement compétent dans la réhabilitation de bâtiment ou la gestion de terres à vocation agricole. C’est donc tout naturellement que celui-ci a missionné la Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural (SAFER) afin qu’elle lance à la fin de l’été un appel à candidature. Deux principales candidatures se dégagent alors. La première est portée par des investisseurs déjà propriétaires du Pech Blanc, le domaine voisin. La seconde quant à elle, est défendue par l’association « Terre de Liens ». Cette association à travers une politique d’acquisition, s’est donnée pour vocation première d’assurer l’installation d’agriculteurs permettant ainsi la préservation de terres agricoles à long terme pour un usage écologique et responsable.

Une volonté commune de développer l’agriculture locale

Dès le mois de septembre 2017, le Conseil municipal de Vendres a mis en place une commission extra-municipale du patrimoine à l’initiative du conseiller municipal Richard Vassakos. Un collectif, le « comité de Castelnau », s’est même constitué, comprenant toutes les associations telles que Patrimoine et Nature, les Amis de Vendres, la Chichoulane et le Syndicat de chasse. Pour Richard Vassakos , le projet défendu par le Comité et porté par l’association « Terre de Liens » s’inscrit parfaitement dans la volonté municipale de défendre l’agriculture locale : «avec un prix moyen de 8000 euros l’hectare, il est aujourd’hui très difficile de s’installer pour un jeune agriculteur. Ce projet outre l’installation de cinq jeunes permettra de soutenir la diversité de l’agriculture locale puisque que l’on retrouve parmi la quinzaine d’agriculteurs concernés des viticulteurs bien sûr mais également un maraicher, un producteur d’olives et même un éleveur caprin ».

Des incertitudes demeurent…

En ce qui concerne l’acquisition des bâtiments, seul le cas du pavillon de chasse semble réglé avec la promesse de la Communauté de Communes La Domitienne d’investir 150 000 euros pour le transformer en un lieu dédié à découverte de la faune locale pouvant offrir un large panorama sur l’étang. Richard Vassakos ne désespère pas de convaincre Alain Caralp d’aller plus loin : « ce site propose des potentialités extraordinaires avec la présence l’été de milliers de touristes à proximité , on peut envisager de créer un point de vente des produits locaux, d’organiser un marché paysan dans la cour du domaine et pourquoi pas y délocaliser les services « environnement » de la communauté de communes ». Mais l’élu vendrois ne cache ses inquiétudes devant l’opacité des décisions de la SAFER : « pour le moment aucune décision n’a été prise, nous espérons seulement que l’intérêt général sera pris en compte ». Entre un projet d’élevage de vache « Angus » défendu par de gros investisseurs, qui contribuerait à une dégradation des sols, avec notamment une remontée de la salinité et la possibilité de vivre et de travailler au pays offertes à une quinzaine d’agriculteurs, il semble que la commune de Vendres ait fait son choix.

Laurent Gomez

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