EDF Energies Nouvelles : parti pour rester ?

En mars 2018, l’annonce du possible départ pour Montpellier de la direction Sud d’EDF Energies Nouvelles (EDF-EN), installée dans le biterrois, avait fait l’effet d’un coup de tonnerre…et relancé les accusations de « siphonage » de la part de la métropole héraultaise à l’encontre de Béziers. Il est vrai qu’à l’époque il était question que le tribunal de grande instance prenne le même chemin !

EDF-EN, filiale à 100% d’EDF et acteur majeur des énergies renouvelables, emploie 230 salariés en Occitanie, dans des bureaux situés à Béziers, dans le centre de supervision et de conduite d’installations solaires et éoliennes situé à Colombiers, et sur 4 antennes de maintenance.

Les arguments avancés par la direction nationale d’EDF-EN pour justifier le rapatriement, d’ici 2022, de 150 salariés sur Montpellier étaient somme toute (malheureusement) classiques : regrouper les équipes sur un pôle des énergies renouvelables bien identifiable et bien identifié, un environnement et une image dégradés du territoire biterrois alors qu’EDF-EN insiste sur l’importance d’être basé sur un bassin d’emplois attractif au vu des compétences à recruter à l’avenir…

Bien entendu, à cela, les élus ont répondu « aménagement du territoire », « défense d’un bassin d’emploi déjà en difficulté »… En effet, alors que le biterrois est déjà fragilisé en termes d’image et d’emploi, est-il souhaitable de concentrer encore plus les activités à forte valeur ajouté dans la métropole ? Ce serait là entretenir le cercle vicieux de la dévitalisation des territoires « périphériques ».

C’est pourquoi une sorte « d’union sacrée » s’est formée pour défendre le site biterrois, rassemblant Carole Delga pour la Région, Kléber Mesquida et Philippe Vidal pour le Département, Philippe Lacas pour l’Agglo Béziers Méditerranée, Alain Caralp pour La Domitienne, Robert Ménard pour la Ville de Béziers, Emmanuelle Duverger, la députée de la 6ème circonscription et Henri Cabanel le sénateur de l’Hérault…. Pour dire que « le déficit d’attractivité, ce n’est pas une fatalité ! ».

Apparemment leurs arguments ont porté puisqu’EDF-EN a décidé d’abandonner son projet initial. Reçu par Philippe Lacas et Robert Ménard, Bruno Bensasson, PDG d’EDF-EN, a déclaré que le « projet dans forme initiale était abandonné » et qu’un « projet alternatif privilégiant le Biterrois » serait proposé prochainement.

Pour autant, la vigilance s’impose tant les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il est clair que les élus devront restés mobilisés pour garantir le maintien d’une activité d’avenir. Cela passera par la capacité des collectivités à créer et développer un environnement (site d’implantation, compétences, niveau d’activité…) conforme aux attentes d’ENF-EN (voir interview d’Alain Caralp, page 6). Pour cela, gageons que « l’union sacrée » des élus locaux ne se fissurera pas !

VL

Le site de Colombiers, centre névralgique d’EDF-EN Services en Europe

Créée en 2009, la filiale EDF EN Services est un acteur clé de l’exploitation-maintenance de centrales éoliennes et photovoltaïques en Europe. L’entreprise est présente dans 7 pays : France, Grèce, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, Belgique et Italie.

Au travers de partenariats stratégiques avec les acteurs du secteur, au 30 juin 2018, EDF EN Services exploite 4,20 GW, grâce aux 40 antennes d’exploitation-maintenance en Europe situés à proximité des installations pour garantir une réactivité d’intervention. Chaque antenne d’exploitation-maintenance est reliée au Centre Européen de Conduite et de Supervision des parcs éoliens et solaires, situé à Colombiers. Il  abrite plus d’une trentaine d’experts assurant le suivi continu des performances à distance (24h/24 – 7 jours sur 7).

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