« Projet Rescue Ocean » donne un autre regard sur le respect de notre environnement

C’est l’Histoire de Benoit Schumann, à peine la trentaine et originaire de Bessan. Lors d’une journée sur la plage entre amis, il lance une idée simple dans la discussion : « Et si on ramassait les déchets que l’on trouve sur notre chemin, tous ensemble pour nettoyer la planète ?». Des rires en réponse. Adepte de plongée, sapeur-pompier de profession, c’est un homme rempli d’optimisme et d’enthousiasme. Un matin, il décide de créer une page Facebook nommée « PROJET RESCUE OCEAN », où il partage des vidéos de lui, seul, récupérant des déchets ancrés dans les fonds marins de la côte biterroise.

3 ans et demi plus tard, cette simple page sur les réseaux sociaux compte près de 15.000 aboonés provenant du monde entier. PROJET RESCUE OCEAN (P.R.O) s’est transformée en association à but non-lucratif, recensant plusieurs centaines d’adhérents. Structurée, l’association a plusieurs antennes à travers le monde, est soutenue par des personnalités publiques tel que Jean Dujardin, et est reconnue par l’ONU.

INTERVIEW

L’Agora du Biterrois : Benoit, quelles sont vos motivations après plus de 3 ans d’actions ?

Benoit Schumann : Je crois toujours à un changement des comportements. Lorsque je vois mon entourage, les messages que je reçois du monde entier via les réseaux, les sourires de ceux qui viennent aider à nettoyer les plages et le nombre qui augmente, je sais que l’on peut changer collectivement et ça se ressent. Les sollicitations viennent de partout. Nous sommes en train de mettre en place plusieurs antennes dans le pays. L’idée c’est de dupliquer le mouvement, avec des personnes de confiance sur chaque antenne.

Et le concept qui fait de cette initiative altruiste un succès : la convivialité et la communication via les réseaux sociaux.

Lorsque les gens viennent, ils passent un bon moment alors qu’ils sont en train de nettoyer la merde laissée dans la nature. Mais nous sommes ensemble, il y a de la musique, des animations. Le DJ Tom Pooks était présent à la dernière session de dépollution pour animer la séance sur la plage. Plus de 500 personnes étaient présentes pour ramasser près de 3 tonnes de détritus. À la fin, des sourires autour d’une bière et une dégustation de vin. Dégustation en ECOCUP évidemment !

Aucune volonté de moraliser le citoyen ici. Au contraire. Le but c’est de sensibiliser et redonner espoir. L’espoir et la croyance que de petits gestes peuvent amener à de grands résultats. Et cela passe par l’acte.

Avez-vous un message à transmettre aux industriels qui utilisent à outrance le plastique ? 

Bien sûr, il faudrait que les industries diminuent la production de plastique, c’est une des clés de la solution à un monde plus propre. Mais nous ne sommes pas dans une volonté militante ou guerrière contre un système à combattre. Ce n’est pas le rôle de notre association.

PROJET RESCUE OCEAN (P.R.O) tourne autour de 3 axes (Intertitre)

D’abord sensibiliser les plus jeunes. Et cela passe par des interventions « fun » et ludiques au sein des écoles. Deuxième axe; les actions de dépollution. C’est ce que nous avons énoncé plus haut avec les actions concrètes pour ramasser les déchets. Et puis, une fois que les déchets sont récoltés, il faut assurer l’acheminement de ces derniers. Leur donner une deuxième vie. Benoit, dans sa voiture pleine de sacs poubelles, faisait au départ le tri de la récolte pour les mettre dans les conteneurs adéquats. Depuis, un partenariat a été créé avec une marque de shampoing pour que cette dernière utilise le plastique récolté. Chaque bouteille créée contiendra une proportion de 25% de matériaux ainsi recyclés.

Un début de prise de responsabilité de l’industrie ?

Même si le reportage « Cash Investigation » d’Elise Lucet sur le plastique laisse planer un sérieux doute sur la question, et une évidente nécessité de contrôler les politiques environnementales des grandes entreprises, ainsi que tous les rouages de ce circuit, cela n’empêche pas moins de responsabiliser les utilisateurs, d’encourager les générations futures à aider son prochain, protéger  son patrimoine naturel et consommer différemment. Tel un colibri, chacun son rôle, chacun doit faire sa part. Benoit Schumann fait la sienne, les fabuleux petits hommes bleus « P.R.O » aussi.

Soutenir le mouvement

Il est possible de soutenir l’association tout en offrant une lecture ludique à ses enfants. Une bande dessinée sortira bientôt. L’histoire d’une sirène sollicitée par le dieu des océans, « Triton », pour rencontrer les hommes et comprendre pourquoi des objets bizarres se trouvent dans l’eau. Elle fait alors la rencontre des « P.R.O » et s’éclatera à nettoyer les côtes avec eux. Sensibilisation des plus jeunes de façon amusante, et apport financier pour l’association en achetant le livre. Sortie prévue courant octobre/novembre. (www.projectrescueocean.org)

 

Et puis, de nouveaux évènements pour dépolluer sont à venir. Pour suivre ce mouvement et y participer, il suffit d’aller sur leur page Facebook « PROJET RESCUE OCEAN ».

La voiture de Benoit, redemande à être remplie de sacs poubelles pleins, comme à ses débuts, mais avec quelques bennes en plus. Car le plastique n’est pas forcément fantastique, contrairement à ceux qui le ramassent. Dans une époque où 120 millions de bouteilles de plastique sont créées toutes les 2 heures à travers le monde 24h/24, la clé du changement dépend aussi de nous, notre engagement citoyen, certes, mais aussi nos comportements, notre civisme, et notre mode de consommation.

Charles Pernet

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