Des sangliers aux portes des habitations

Dans le Biterrois il n’est plus rare de croiser des sangliers sur un rond-point, sur le green d’un terrain de golf ou tout simplement  en train de rôder dans les jardins et potagers à la recherche de nourriture. Naguère, on ne rencontrait  de populations importantes  principalement que dans les hauts cantons, mais avec le réchauffement climatique et l’augmentation de ses effectifs, le sanglier  a colonisé l’ensemble du territoire départemental jusqu’au cœur des villes, dernièrement des Montpelliérains ont même eu la surprise d’en croiser quatre dans une station de tramway. Rien de surprenant étant donné son mode de reproduction et sa grande adaptabilité à tout nouveau territoire. La maturité sexuelle intervient à partir de l’âge de huit mois. Une laie adulte peut avoir trois portée sur deux ans chacune comptant en moyenne  entre six et sept marcassins. En l’absence de prédateurs naturels (lynx, loups et ours) tout le poids de la régulation de l’espèce repose sur les épaules des chasseurs.

La Fédération des chasseurs mobilisée

A la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Hérault (FDC34), le problème de la prolifération du sanglier fait partie des gros dossiers. En effet, la fédération a dépensé cette année 350 000 euros pour indemniser quelques 326 agriculteurs victimes des sangliers, qui s’ajoutent aux 500 000 euros déjà investis dans du matériel de prévention (clôtures, effaroucheurs sonores …). La signature d’un protocole d’accord avec la Chambre d’Agriculture de l’Hérault (CA 34)  le 5 avril dernier précise, tout en reconnaissant l’action efficace de la FDC34 (augmentation du tableau de chasse de 12 500 sangliers abattus à 22 000 l’année dernière), les nouvelles actions mises en place pour réguler l’espèce avec notamment l’usage de cages-pièges en zone périurbaine et le prêt gratuit de tout le matériel de clôture. Les dossiers d’indemnisation des agriculteurs seront également traités avec la  plus grande réactivité possible permettant une baisse des tensions des derniers mois.

Une cohabitation plus visible

Pour, Christophe Causera, l’une des plus fines gâchettes de Boujan sur Libron, il semblerait que le nombre de sangliers soit stable ces dernières années « ça fait maintenant trois ans que notre tableau de chasse est en baisse. Le fait de pouvoir le chasser du premier juin jusqu’au la fin du mois de février y est pour beaucoup, cela perturbe leur cycles de reproduction». Mais comme le souligne notre chasseur, le sanglier sait s’adapter en colonisant de plus en plus les zones périurbaines où l’on ne peut pas chasser. En se rapprochant de l’homme, il s’est rendu simplement plus visible.

Laurent Gomez

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