Les grands noms du sport du biterrois : les Bertran de Balanda

A Servian, le domaine de la Prepe était jadis habité par une grande famille de cavaliers : les Bertran de Balanda.

Le premier membre connu de cette dy­nastie équestre d’origine catalane fut Pierre Bertran de Balanda qui avait été vice-champion olympique de saut d’obs­tacles avec Papillon en 1928, à Amsterdam.

Son fils, Marc Bertran de Balanda, viticul­teur à Servian, marqua lui aussi l’histoire moderne de l’équitation. Ami de Marcel Rozier, entraîneur de Frédéric Cottier, Marc Bertran de Balanda était devenu directeur technique au Haras des Bréviaires en 1973. Son passage par le cadre noir de Saumur lui avait laissé une empreinte classique forte.

Marc Bertran de Balanda avait rem­porté nombre de Grand Prix et parti­cipa à plusieurs coupes des nations, notamment avec son cheval Labrador C. Mais Marc Bertran de Balanda a surtout laissé le souvenir d’un grand entraîneur.

Une famille de champions de concours

Père de quatre enfants, il en entraîna trois : Gilles, Isabelle et Jehan. Isabelle fut vice championne d’Europe junior avec Frédéric Cottier et elle épousa plus tard Jean-Marc Nicolas (cavalier français professionnel 3ème du championnat de France avec JPC Modesto et vainqueur de nombreux grand prix).

Gilles Bertran de Balanda, né le 29 mai 1950 à Toulouse, est un fameux cavalier français de saut d’obstacles devenu mondialement célèbre dans la fin des années 1970 et début des années 1980 grâce à l’étalon Galoubet A. En 2004 Gilles Bertran de Balanda est sélectionné comme cavalier remplaçant aux Jeux olympiques d’Athènes avec son cheval Crocus Graverie. En janvier 2007, Gilles Bertran de Balanda a été nommé entraîneur national de concours saut d’obstacles à la Fédération française d’équitation.

Étranger au monde des concours hippiques, le frère cadet de Gilles, Jehan Bertran de Balanda est, pour sa part, un entraîneur reconnu de chevaux de courses de galop. Installé à Maisons-Lafitte, son palmarès le situe parmi les dix meilleurs entraîneurs en France en courses d’obstacles, avec en moyenne une trentaine de victoires par an.

Héros d’un film

A la fin de sa vie, Marc Bertran de Balanda habitait un box d’écurie aménagé en minuscule deux-pièces au Haras National des Bréviaires, près de Rambouillet dans les Yvelines. Handicapé, infirme des deux jambes à la suite de blessures mal soignées, mais encore plein d’énergie et d’envie, le coeur battant pour ses passions de toujours: les chevaux, l’équitation, le dressage, Marc Bertran de Balanda ne montait plus alors que son fidèle fauteuil électrique…

Sa survie ne tenait plus qu’à quelques fils fragiles… Entendre, de l’autre côté de la cloison, le cheval voisin se coucher dans la paille. Attendre l’arrivée de Martine, exquise auxiliaire de vie aux tenues toujours plus courtes et sexy, le couvant d’un amour inclassable. Attendre l’apparition d’Edmond Jonquière d’Oriola, jeune cavalier à la grâce inouïe, dont la prestance n’a d’égal que l’économie de paroles…

Tous trois formaient un attelage essentiel, hors du temps et de l’ordinaire, où chaque minute offerte à Marc prolongeait la vie… C’est cette vision qui donna à l’acteur Jean Rochefort, ancien élève de Marc Bertran de Balanda, l’envie de tourner son premier film documentaire « Cavaliers seuls » qui fut projeté sur les écrans en 2010, soit quatre années après la mort de celui qui l’inspira…

Marc Bertran de Balanda s’est éteint le jeudi 3 août 2006 au matin à Rambouillet, à 79 ans. Il fut enterré à Perpignan.

Gabriel Marc

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